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Le charme amer de la victimisation

par

Esprit

janvier 2015

#Divers

L’enchaînement de la crise économique et de la montée des extrêmes politiques, sur le modèle des années 1930, relèverait de la mauvaise répétition historique. Elle n’a pourtant, malheureusement, rien d’impossible. À travers l’Europe, l’inquiétant essor de nouveaux leaders d’extrême droite s’accélère, de la Belgique à la Hongrie. Le discrédit qui affecte les partis classiques et les désaffiliations partisanes rendent de nombreux électeurs réceptifs à un discours d’ordre. Dans cet univers en recomposition rapide, une compétition idéologique s’est ouverte pour accaparer la question identitaire. Dès lors, tout devient source d’obscure menace : les mobilités, le droit d’asile, le voisinage européen, voire la moindre dissension intérieure. Mais, en effet, qu’attendre d’autre du discours identitaire, sinon une surenchère permanente et une complainte sans fin ?

Le discours politique est ainsi aspiré par le mouvement déréglé et potentiellement infini du ressentiment victimaire. C’est le paradoxe du repli hexagonal : le retour aux sécurités géographiques est vécu sur le mode défiant, mécontent et apeuré de l’ignorance, de la mauvaise foi et des renoncements. Dans ce contexte, le retour au thème national est dépressif. Par op

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