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Les raisons d'une crise politique

par

Esprit

juil./août 2016

#Divers

Que restera-t-il de la loi El Khomry ? Il est trop tôt pour dire si la « grande loi sociale » qu’on nous avait annoncée marquera les relations sociales dans notre pays, mais il est déjà certain qu’elle a durablement déchiré les relations au sein de la majorité. Les quatre années d’opposition interne de la part des députés dits « frondeurs » et les multiples départs du Parti socialiste n’ont pas suffi : il fallait que l’affaire se termine, comme souvent en France, dans la rue. Non sans naïveté, beaucoup attendaient que le Ps fasse un jour son « congrès de Bad Godesberg », du nom de cette petite ville au sud de Bonn où le Parti social-démocrate d’Allemagne (Spd) renonça en 1959 à la nationalisation des moyens de production et à la lutte des classes. Mais ni la clarté ni la pédagogie n’ont jamais été les points forts du Parti socialiste. À chacun de ses congrès, il arrivait à préserver son unité en conciliant ses courants après des nuits de tractations, au prix parfois de renversements d’alliance florentins. Il en paie le prix fort aujourd’hui : après quatre ans de gouvernement, le Ps et avec lui toute la gauche sont en miettes.

Pour se reconstruire, la thérapie devrait commencer par énoncer clairement la réalité politique de la césure entre, d’une part, un socialisme réformiste, de centre ga

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