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Outreau, faillite judiciaire et peur des réseaux

par

Esprit

mars/avril 2006

#Divers

La retransmission télévisée de la commission d’enquête parlementaire sur le procès d’Outreau a donné une nouvelle dimension à une affaire judiciaire qui avait déjà largement alimenté les médias au cours de ses revirements successifs (accusations, rétractations, condamnations, libérations, excuses et repentances). Même si la publicité des débats peut inaugurer une pratique nouvelle et positive des commissions parlementaires (le huis clos avait entaché l’intérêt des commissions sur l’action diplomatique et militaire de la France en ex-Yougoslavie ou dans la région des Grands Lacs en Afrique par exemple), elle n’apparaît pas ici dénuée de sous-entendus.

Il s’y rejoue, d’une part, l’achèvement du parallèle (désastreux pour l’enquête) avec l’affaire Dutroux dont la proximité temporelle et géographique a quelque peu embrouillé les esprits. D’autre part, le ton accusateur de certains membres de la commission semble vouloir donner consistance au symbole d’une revanche du personnel politique, mis à mal par les enquêtes de la décennie 1990 sur les affaires, contre un corps judiciaire que certains ont vu sortir de leur rôle, traditionnellement subordonné dans les institutions de la Ve République. Enfin, la fonction civique revendiquée par la télévision aide, un peu trop

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