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Université : l'autonomie, pour quoi faire ?

par

Esprit

Le projet d’attribuer davantage d’autonomie aux universités françaises intervient dans un contexte de faux immobilisme. Si l’on connaît les déboires successifs des projets de réformes qui ont rendu le sujet politiquement sensible, on observe rarement des évolutions plus discrètes mais déterminantes qui commencent à redessiner le paysage de l’enseignement supérieur. Le paradoxe est donc de voir à l’œuvre le volontarisme quelque peu tapageur du chef de l’État sur un sujet où des actions plus incitatives et responsabilisantes avaient notamment conduit les présidents d’université à tirer les conséquences de l’absence de pilotage central de l’enseignement supérieur, en affirmant leur volonté d’agir, en particulier en province. Mais ce mouvement ébauché de responsabilisation des acteurs du monde universitaire n’est-il pas découragé ou contrecarré par cette loi venue « d’en haut », qui affiche paradoxalement le volontarisme de l’État au nom de l’autonomie locale ?

L’université n’est pas inerte : l’absorption du choc démographique étudiant, la réalité des échanges internationaux, la prise de conscience du taux d’échec insupportable dans les premiers cycles (un mode de sélection par l’échec qui n’est pas moins brutal que l’hypersélection des grandes écoles) ont contraint à une adaptation continue,

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