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Capture écran Youtube, "France 2030 : présentation du plan" · Chaîne de l'Élysée.
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France 2030 : le retour du colbertisme high-tech

janv./févr. 2022

Le plan France 2030 de soutien à l’investissement industriel mise sur l’innovation pour relancer la croissance. Il manque ainsi l’enjeu central de la sobriété, sans laquelle la transition écologique n’aura pas lieu.

Le colbertisme « high-tech »1. Tel était le titre d’un ouvrage de l’économiste Élie Cohen en 1992. Il pourrait s’appliquer au plan France 2030 que présentait le président de la République le 12 octobre 2021, visant à faire émerger au sein du pays les champions technologiques de demain, dans dix domaines clés : les réacteurs nucléaires de petite taille, l’hydrogène vert, la décarbonation de l’industrie, les véhicules électriques et hybrides, les avions bas carbone, l’alimentation saine et durable, les biomédicaments, l’industrie culturelle et créative, le spatial et les fonds marins. Les investissements annoncés – trente milliards d’euros – peuvent sembler conséquents mais, étalés sur une période de dix ans, ils représentent un effort inférieur à 1 % du budget de l’État sur la période.

Le président Emmanuel Macron a justifié le choix d’un tel plan : pour favoriser la réindustrialisation et lutter contre le déficit de croissance ainsi que sécuriser l’approvisionnement en matériaux et composants clés dont la crise de la Covid-19 a révélé la fragilité, il s’agit d’investir massivement dans l’industrie qui est la condition de l’innovation de rupture. L’ambition est de remettre la France à la pointe de l’innovation technologique qui est à la fois la condition d’une prospérité nouvelle et la voie pour inventer une économie décarbonée. Comment analyser ce plan ? Quels en sont les fondements, les hy

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Franck Aggeri

Franck Aggeri est professeur à MINES ParisTech, directeur du Centre de gestion scientifique et co-responsable du Département « Économie Management Société ». Ses recherches portent principalement sur le développement durable.

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Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.