L’usure de la langue
Il n’y a ni langage sain, ni langue immobile : les mots besognent. Et leur réduction à une fonction – souvent marchande – désigne un temps de duplicités auquel on peut résister par clarté et distinction.
La question de la langue, constate le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner, perd de son urgence en Europe occidentale à partir de 1815, avec « le lent dépérissement de la censure et de la persécution[1] ». Pourtant, il n’est que d’ouvrir n’importe quel journal d’intellectuel européen tenu entre 1900 et 1950 pour y découvrir des réflexions sur une langue qui serait entrée en crise. Ainsi du philosophe tchèque Jan Patočka, déplorant en 1939 « la superficialité croissante de la vie », « le règne du slogan, du poncif, du mot derrière lequel il n’y a ni pensée ni décision réelles[2] ». C’est que la langue, jadis réputée impénétrable aux pouvoirs, se révèle alors vulnérable, susceptible d’être affectée par l’état de la société. Surtout, en cette première moitié du xxe siècle, elle devient la cible des totalitarismes, qui cherchent à s’immiscer en son cœur même. Comme le rappelle Milner, le philologue Victor Klemperer comprit alors que « la nouveauté radicale du Troisième Reich portait sur ce point : à la différence des pouvoirs qui l’avaient précédé, le pouvoir nazi cherchait à s’installer au cœur de la langue elle-même[3] ».
S’il semble à nouveau permis de parler d’une crise du langage, en quoi celle-ci différerait-elle de celle qui accapara les esprits tout au long des premières décennies du siècle précédent ? L’analyse critique des mots détériorés par l’état de la société, qui ne relève pas entièrement de la science linguistique (l’étude du champ sémantique du mot n’est pas tout à fait celle de son utilisation, marquée historiquement), est chose délicate. S’il ne faut pas craindre ici les formes d’énoncé impures, une certaine hétérogénéité des emprunts, il importe de s’en tenir à un axiome fondamental : la parole n’est pas la langue, elle en est l’usage.
Le langage a sa vie
Le langage n’est pas le produit d’une convention. De cela, l’écrivain et philosophe Brice Parain était convaincu : « Il a sa vie, il est en perpétuelle transformation, comme si une langue devait être à la fois, à chaque instant, le bien propre de chacun tout en restant la propriété de tous à travers les siècles[4]. » De fait, s’il se prête aux manipulations, notamment idéologiques, et tout particulièrement aujourd’hui à celles de la publicité, du marketing, des techniques des communicants, « le langage humain, nous rappelle utilement l’écrivain et traducteur Georges-Arthur Goldschmidt, est ainsi fait qu’il échappe aux emprises de toute sorte[5] ». Fondamentalement insaisissable, il est synonyme de promesse. Ce « pouvoir de promesse[6] », il peut bien évidemment le perdre – comme ce fut le cas de l’allemand du temps du nazisme –, mais il peut aussi le retrouver.
C’est qu’il y a une besogne des mots, écrivait Georges Bataille[7]. Tout d’abord, leur usage les use : il leur arrive régulièrement de perdre d’un côté ce qu’ils gagnent de l’autre ou de perdre leur sens sans autre forme de compensation. « L’usage use le mot dont il use et cette usure rapporte, elle renouvelle », relevait l’écrivain Pierre Pachet en 1976 à l’occasion d’un dialogue avec le directeur de revue André Dalmas[8]. Pierre Pachet, dans cette conversation, ne cachait pas les réticences que lui inspirait la démarche de Littré dans Pathologie verbale (1880). Il est vrai que, pour celui-ci, l’usage du mot, même s’il pouvait faire preuve, à l’occasion, d’un certain génie, savait aussi pécher par inconsistance et commettre de « lourdes méprises ». Si Littré avait tendance, aux yeux de Pachet, à envisager l’usage tantôt comme « le Temps », tantôt comme « le Peuple », il s’agissait toujours du « sujet grammatical dont a besoin la Linguistique pour faire ses phrases ». Pachet décelait dans une telle manière de procéder « quelque chose d’administratif » et de clinique, faisant des mots des « malades en puissance ». Parler de « pathologie » des mots, c’est forcément renvoyer à l’idée d’un langage sain. Or il n’y a pas de langage sain.
Il n’y a pas de langage sain et pas plus de langue immobile.
Dans ce même dialogue, le critique André Dalmas préférait souligner l’attention que portait Littré au procédé de la langue : « L’idée de Littré, et de quelques autres, est que la langue procède par transformation, jamais par création. » Il n’y a pas de langage sain et pas plus de langue immobile. Les mots besognent, encore une fois. La langue travaille, toujours : elle se travaille, elle a une longue histoire, elle est donc difficile. Elle doit l’être. « On ne communique bien dans une langue que si c’est bien difficile », lui répondait d’ailleurs Pachet. Vouloir naïvement simplifier une langue, lui faire perdre de sa difficulté, de son histoire, c’est toujours se condamner à mal communiquer, s’engager dans « une corvée épuisante et inefficace ». C’est en somme aboutir à une culture de la non-coïncidence entre les êtres.
Le règne de la fonctionnalité
Plus récemment, le philologue et helléniste Jean Bollack pointait dans Au jour le jour, son « journal », un trait de l’époque – celui-là même, me semble-t-il, qui explique le retour en force aujourd’hui de ladite « crise du langage » : on ne demande plus à la parole, écrivait-il, que d’être efficace[9]. Le contemporain s’exprime directement plutôt que librement ; il vise un but. C’est un langage de la fonctionnalité qui règne, axé sur l’idée de performativité individuelle et intégrant des vocables issus pour l’essentiel des sphères de l’économie et du « management », mais aussi de la programmation et de la mécanisation. La langue commune s’en voit en partie contredite et effacée. Un tel langage s’est propagé à de nombreuses sphères du monde vécu. Il a notamment été adopté par la psychologie positive, cette branche de la psychologie qui doit son succès mondial à une obsession désormais quasi générale du bonheur. Si les tenants de ce nouveau discours, qui se veut scientifique et aspire à une certaine hégémonie, se sont approprié ce langage, c’est parce qu’il les aide, comme l’ont montré la sociologue Eva Illouz et le psychologue Edgar Cabanas, à définir des attentes et des critères psychologiques et sociaux permettant d’évaluer les comportements, les actes et les sentiments[10].
Dans le même temps – et sans doute les deux phénomènes sont-ils en partie liés –, on constate une brutalisation, un ensauvagement des mots (pour reprendre des termes utilisés récemment par l’historienne Mona Ozouf[11]). Cet ensauvagement, qui se traduit notamment par d’inquiétantes résurgences sémantiques, on ne le voit pas seulement à l’œuvre sur les réseaux dits sociaux ou à l’occasion de certaines explosions de colère sociales. L’espace public en est affligé. On le sait, ce n’est pas là une spécificité française ni même européenne, et pas non plus, là encore, un phénomène récent.
Le 15 novembre 2009, après qu’un politicien désormais oublié, Éric Raoult, a attaqué dans les médias la romancière Marie NDiaye, l’essayiste Christian Salmon traite dans Le Monde du sort à ses yeux réservé à la langue par la formation politique à cette époque au pouvoir : « Ce n’est désormais un secret pour personne : la langue du pouvoir s’est abaissée à des niveaux sans précédent. Le sarkozysme, comme l’inconscient lacanien, est structuré comme un langage. Ou plutôt il est “déstructuré” comme un langage ; c’est une zone de langage effondrée[12]. » Évoquant cette démonstration dans son « journal », Jean Bollack relevait, sans dissimuler sa perplexité, que le recours à la notion de structure n’aidait en rien à la compréhension du phénomène de l’avilissement de la langue, car celui-ci, précisait-il, n’est ni inconscient ni entièrement incontrôlé. C’est que les acteurs politiques, poursuivait-il, « se servent du tout-venant, s’abstenant délibérément […] d’observer certaines règles et convenances, ce que sans nul doute leur sentiment ou celui des experts leur a conseillé de faire “néolibéralement” ». L’avilissement de la langue est de l’ordre du choix.
Nous vivons un temps d’actions libres en un sens et néolibérales en un autre. Il y a « adhésion à un langage et à une manière de faire », montrait encore, très précieusement, Bollack. C’est-à-dire adhésion à un appauvrissement langagier, et non contrainte. « La culture est concernée, et plus encore les structures mentales ; elles ne sont pas moins déterminées par l’économie libérale que les aspects plus purement politiques[13]. » Si une telle adhésion non contrainte fait pour le moins question, les structures mentales déterminées par cette économie ne sauraient permettre de s’interroger sur ce rapport à la langue, puisque ce sont précisément elles qui montrent cette « hargne absolument incroyable » et quasi générale, nous dit de son côté l’écrivain Jean-Christophe Bailly, à tirer le langage « vers le signal », alors même que le langage et le signal ont peu à voir l’un avec l’autre.
Pour Bailly, la dimension communicationnelle du langage n’est pas sa dimension primordiale. Le langage, à ses yeux, signifie avant tout. Dire que le langage signifie, c’est dire que chaque mot de chaque langue peut se prévaloir d’une existence ayant une longue histoire. « Chaque langue, souligne l’auteur du Propre du langage, présente ce qu’a été la fréquentation du monde par ceux qui la parlent. » Or nous avons cessé d’utiliser les mots en fonction de cette mémoire qui les intègre : nous ne les utilisons plus que comme des outils, de petites pièces appelées, ajoute Bailly, « à fonctionner dans une séquence immédiatement actualisée et oubliée ». La dimension communicationnelle du langage en est donc venue à prévaloir absolument sur sa dimension primordiale, signifiante, réduisant et cantonnant dès lors la langue commune à des « signes univoques, ininterprétables[14] ». Il faut désormais délivrer un message sans ambiguïté, à coups de phrases brèves faites de peu de mots, comme y incitent notamment les techniques d’empowerment, de « capacitation », censées permettre aux modernes de toujours plus « s’optimiser ».
Cette adhésion à une manière de faire, à une manière d’être aussi, droit venues de la sphère de l’économie et des techniques des communicants, se traduit bien évidemment dans le lexique utilisé au quotidien par tout un chacun. Sont ici à l’œuvre, une nouvelle fois, ces phénomènes de mémoire involontaire jadis étudiés, sous le nazisme, par Victor Klemperer (dès 1933, celui-ci avait en effet constaté à quel point les Allemands étaient littéralement « ventriloqués » par une LTI certes martelée au quotidien mais dont nombre d’éléments avaient fait leur apparition bien avant l’accession des nazis au pouvoir)[15]. Des mots, des formules entendus et réentendus viennent spontanément aux lèvres, prenant par surprise le locuteur, et d’autant plus aisément lorsque celui-ci ne se soucie guère de leur origine.
Sont ici à l’œuvre, une nouvelle fois, ces phénomènes de mémoire involontaire jadis étudiés, sous le nazisme, par Victor Klemperer.
C’est que le langage nous mène le plus souvent, et d’autant mieux lorsque nous pensons le mener. Pour Brice Parain, le langage était « peut-être bien » un instrument – ainsi qu’il le confia un jour à Michel Tournier –, mais il ne faisait à ses yeux aucun doute que nous étions tout autant les siens[16]. Le langage ne se laisse pas gouverner : « Ce serait plutôt lui qui nous mènerait », écrivait-il dans sa Petite Métaphysique de la parole[17].
Contre la duplicité
Quels seraient donc les contours de notre situation, aujourd’hui, dans le langage (pour reprendre librement une expression de Pierre Pachet) ? Loin d’être exclusivement grevé par une « novlangue » néolibérale[18] fort mégaphonique, notre temps me semble aussi et surtout être celui de divers langages forgés de toutes pièces, souvent intraduisibles les uns aux autres, car donnant expression à des expériences du présent n’ayant rien à voir entre elles[19] – des langages venant chacun à sa manière contredire et effacer partiellement la langue commune. Non-contemporanéité, présentisme – un présentisme le plus souvent subi, parfois choisi –, « opinionisme » et illimitation du pouvoir de la marchandise sont autant de phénomènes concourant aujourd’hui à rendre synonymes liberté et servitude. Comme l’écrit le philosophe Pascal Engel dans Les Vices du savoir, son récent et très précieux « essai d’éthique intellectuelle », notre temps partage au moins un trait avec celui de Victor Klemperer : il est celui du baratin[20]. Jean-Claude Milner, lui, n’hésite pas à parler à ce sujet de « contrôle » au singulier, au sens marcusien du terme[21]. Ce temps de misère communicationnelle, qui obère toute subjectivation ordinaire et qui ne se sait pas tel, qui a même des prétentions, souvent grotesquement exorbitantes, serait celui d’un déplacement de la figure du pouvoir total – devenu celui, illimité, de la marchandise : « Sous le nom de contrôle, elle réapparaît dans les discours, avec le trait distinctif de son illimitation : le contrôle trouve ses manifestations les plus évidentes au plus intime de la langue[22]. »
Il importe tout d’abord de comprendre – et l’œuvre de Klemperer nous est ici d’un secours tout particulier – que la langue telle qu’elle est pratiquée, telle qu’on en use, permet de désigner l’esprit de son temps. Et de comprendre qu’elle ne ment pas : c’est elle, à travers les sévices qu’on lui inflige, à travers les langages et jargons forgés de toutes pièces venant la contredire et l’effacer, qui dit la vérité de son temps. Reste à savoir comment faire face à ces processus de contradiction et d’effacement de la langue commune. S’il est permis, aux yeux de Milner, de les envisager comme « des variantes de la persécution et de la censure », le recours aux réserves, aux allégories, aux allusions, omissions, sous-entendus et insinuations – qui caractérisaient au xxe siècle la « langue d’Ésope », cette « variante proprement russe de l’art d’écrire sous la persécution » – ne constitue plus ici, nous dit-il, la bonne réponse. Y recourir serait même de l’ordre du pur et simple anachronisme. De tels moyens – qui sont de tromperie – ne se révèlent en effet pertinents que face à une censure officielle. Mieux vaudrait passer, en ces temps de non-censure, « par la clarté et la distinction », « si étrangères aux idiomes courants », suggère le linguiste. Il est vrai que notre début de xxie siècle est moins un temps de mensonges politiques (le mensonge qui, comme l’avait montré Alexandre Koyré en 1943, était le ressort principal des systèmes totalitaires[23], est aujourd’hui traqué de toutes parts) qu’un temps de duplicités. Proposant d’abandonner à « l’ennemi » les ressources d’une telle duplicité, Milner en appelle – « à supposer qu’elle soit encore possible » – à une langue « nette et tranchante, exacte et précise », mais à une langue « qui ne dira pas tout[24] ». Soucieux de rendre justice à la complexité du réel, Brice Parain, lui, proposait en son temps une méthode sans doute moins « froide » : alliant, dans le sillage de Pascal, « l’esprit de géométrie et l’esprit de finesse » – une méthode consistant à « être à la fois rigoureux et émouvant[25] ».
[1] - Voir Jean-Claude Milner, « De Lénine au mensonge, une aventure d’Ésope », dans La Puissance du détail. Phrases célèbres et fragments en philosophie, Paris, Grasset, coll. « Figures », 2014, p. 245.
[2] - Jan Patočka, « La culture tchèque en Europe » [1939], dans L’Idée de l’Europe en Bohême, trad. par Erika Abrams, Grenoble, Jérôme Millon, 1991, p. 133-173.
[3] - J.-C. Milner, « De Lénine au mensonge… », op. cit., p. 246-247. Ayant survécu au règne nazi, Klemperer écrivit à l’après-guerre son grand essai sur l’avilissement de la langue par l’idéologie, LTI (pour Lingua Tertii Imperii, soit « la langue du Troisième Reich ») : Victor Klemperer, LTI, la langue du IIIe Reich. Carnets d’un philologue [1947], trad. par Élisabeth Guillot, Paris, Albin Michel, 1998, rééd. Pocket, 2003. Voir aussi Victor Klemperer, Mes soldats de papier. Journal (1933-1942), trad. par Ghislain Riccardi et Je veux témoigner jusqu’au bout. Journal (1942-1945), trad. par Ghislain Riccardi, Michèle Kiintz-Tailleur et Jean Tailleur, Paris, Seuil, 2000.
[4] - Brice Parain, « Notes sur les observations de M. Henri Meschonnic », dans Brice Parain. Un homme de parole, Paris, Gallimard, coll. « Les Cahiers de la Nrf », 2005, p. 355.
[5] - Georges-Arthur Goldschmidt, À l’insu de Babel [2009], Paris, Cnrs Éditions, coll. « Biblis », 2017, p. 10.
[6] - Je reprends ici une formule utilisée par le philosophe Peter Sloterdijk lors d’un entretien accordé au Monde, publié le 20 mai 2010.
[7] - Georges Bataille, « Informe », Documents, no 7, 1929. Pour Bataille, « un dictionnaire commencerait à partir du moment où il ne donnerait plus le sens mais les besognes des mots ». On reconnaît la marque de la « philologie active » de Nietzsche.
[8] - Dialogue faisant avant-propos à Pathologie verbale d’Émile Littré, Le Nouveau Commerce, Cahier 33-34, printemps 1976, p. 77-134. D’André Dalmas, directeur du Nouveau Commerce, on pourra lire le beau recueil d’analyses critiques intitulé De face et de profil (préface de Pierre Pachet, Paris, Les Belles Lettres, 2010).
[9] - Jean Bollack, Au jour le jour, Paris, Presses universitaires de France, 2013.
[10] - Voir Eva Illouz et Edgar Cabanas, Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, trad. de l’anglais par Frédéric Joly, Paris, Premier Parallèle, 2018.
[11] - Mona Ozouf, interrogée par Éric Fottorino, Zadig, no 1, avril 2019, p. 29.
[12] - Christian Salmon, « Entre les voix du Front national et celle d’un écrivain libre, il faut choisir », Le Monde, 15-16 novembre 2009. Alors récente lauréate du prix Goncourt, Marie NDiaye s’était exprimée très défavorablement sur la politique menée par le président du moment, Nicolas Sarkozy. Raoult avait jugé que l’obtention du Goncourt l’obligeait à une certaine retenue et même à être « un peu l’ambassadrice de notre culture ».
[13] - J. Bollack, Au jour le jour, op. cit., p. 795.
[14] - Jean-Christophe Bailly, Passer définir connecter infinir. Dialogue avec Philippe Roux, Paris, Argol, 2014, p. 139-140. Voir du même auteur, Le Propre du langage. Voyages au pays des noms communs, Paris, Seuil, coll. « Librairie du xxie siècle », 1997.
[15] - Je me permets de renvoyer sur ce point à la deuxième partie de mon ouvrage La Langue confisquée. Lire Victor Klemperer aujourd’hui, Paris, Premier Parallèle, 2019.
[16] - Cité par Jacques Message, « La communauté des inconciliables : entre être et parole », dans Brice Parain. Un homme de parole, op. cit., p. 126.
[17] - Brice Parain, Petite Métaphysique de la parole, Paris, Gallimard, 1969.
[18] - Une thèse défendue il y a quelques années par Éric Hazan dans LQR (Paris, Raisons d’agir, 2006). LQR pour Lingua Quintae Respublicae, soit une langue de la Ve République qui serait apparue au fil de la décennie 1960 et qui n’aurait atteint son plein développement que dans les années 1990, devenant dès lors « l’idiome du néolibéralisme, dernier en date des avatars du capitalisme » (p. 12).
[19] - Ernst Bloch parlait en son temps de « non-contemporanéité » pour désigner une telle situation.
[20] - Pascal Engel, Les Vices du savoir. Essai d’éthique intellectuelle, Marseille, Agone, 2019.
[21] - Voir Herbert Marcuse, L’Homme unidimensionnel. Études sur l’idéologie de la société industrielle [1964], trad. de l’anglais (américain) par Monique Wittig et l’auteur, Paris, Minuit, coll. « Arguments », 1968.
[22] - J.-C. Milner, « De Lénine au mensonge… », dans La Puissance du détail, op. cit., p. 247.
[23] - Voir Alexandre Koyré, Réflexions sur le mensonge [1943], Paris, Allia, 2016.
[24] - J.-C. Milner, « De Lénine au mensonge… », dans La Puissance du détail, op. cit., p. 249.
[25] - Brice Parain, Entretiens avec Bernard Pingaud, Paris, Gallimard, 1966, p. 140-41.