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Spéculations fatales. La crise économique de 2008

décembre 2008

#Divers

La crise économique de 2008

La crise boursière aurait dû d’autant moins nous surprendre qu’elle rappelle la fragilité du rapport contemporain à l’idée de valeur. À l’image des monnaies dont les valeurs sont « flottantes » depuis la fin de la convertibilité en or, l’ensemble de nos valeurs (éthiques, esthétiques…), n’ayant plus de garantie fixe, est livré à un régime d’emballement et de dépréciation. C’est pourquoi il ne faut pas laisser aux seuls économistes la réflexion sur les mécanismes d’appréciation de la valeur ou encore sur la spéculation et la dette.

Si l’on a pu dire qu’avec Nietzsche s’opère la réduction la plus extrême de l’Idée et de l’Être aux Valeurs, en un sens qui va devenir bientôt un lieu commun « existentialiste », il faudrait repérer chez un penseur plus discret mais perspicace, Paul Valéry, un pas supplémentaire, explicitement post-nietszchéen : la constatation que les Valeurs sont à penser, avant tout, comme valeur d’échange, et que la forme la plus abstraite et la plus radicale de la valeur d’échange, celle qui, dans sa volatilité, rompt avec toute illusion subtantialiste ou fondationnelle, c’est la valeur

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