Dans le même numéro

Ce qui arrive à Dieu. À propos de Dieu qui vient à l'homme de Joseph Moingt

Il faut un temps, lointain certes, où la théologie chrétienne était la reine des sciences ou des disciplines intellectuelles. Si sa fonction, y compris critique, reste importante pour les Églises, elle compte désormais pour peu, autant dire presque rien, dans les sociétés séculières, sans doute de manière accrue en France, où la théologie n’a plus de faculté dans l’université publique depuis la fin du XIXe siècle. Si l’on considère le rôle de stimulant intellectuel que la théologie garde dans des pays où elle est encore enseignée comme discipline à l’université (en Allemagne, par exemple), on peut avoir des regrets. Mais qu’est-ce que la théologie ? Le décès du Père Joseph Moingt, jésuite, le 28 juillet dernier à l’âge de 104 ans, après une longévité créatrice extraordinaire (voir les notices biographiques sur Internet), donne l’occasion à Esprit, dont il était un ami fidèle, de s’intéresser encore à cet objet en apparence si inutile dans le monde de l’utile. Consacré surtout à l’ouvrage intitulé Dieu qui vient à l’homme, l’article exigeant de Guy Petitdemange de novembre 2003 que nous republions ici donnait une idée de l’effort de la théologie, « science de Dieu », pour être à la hauteur de la raison contemporaine sans perdre de vue « l’événement irréductible, le passage de Jésus dans l’histoire », mais sans abdiquer non plus, dans cette foi en une révélation de Dieu dans l’histoire, la liberté critique qu’exige cette raison – qui a cessé d’être « servante » de la théologie.

Jean-Louis Schlegel

Guy Petitdemange

Conseiller à la rédaction des Archives de philosophie, il est l’auteur de Philosophes et philosophies du xxe siècle (Paris, Seuil, 2003).

Dans le même numéro