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Les contestations de la psychiatrie. Entretien

Répressive, aliénante, relais de l’État : la psychiatrie, en particulier dans les années 1960 et 1970, a souvent été la cible des critiques. Aujourd’hui, avec la crise de la psychiatrie de secteur et la montée en puissance des neurosciences, comment préserver une psychiatrie « humaniste » ?

La psychiatrie française est aujourd’hui triplement en crise. Elle l’est d’abord sur le plan économique, par manque de moyens, elle l’est sur le plan de son cadre institutionnel, le fameux « secteur » étant de plus en plus souvent remis en cause, et elle l’est dans ses fondements théoriques, de plus en plus contestés.

La baisse constante du nombre de lits dans les hôpitaux, la diminution des postes de praticiens hospitaliers et/ou du nombre de candidats à la spécialité de psychiatrie dressent le paysage d’une discipline en pénurie de moyens et de personnels. Mais ce sont aussi ses modes d’organisation qui apparaissent inadaptés. L’équilibre trouvé avec la psychiatrie de secteur dans les années 1960, qui conjuguait continuité des soins et prise en charge pluridisciplinaire et qui pouvait convenir pour une population d

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