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Homme de Vitruve de Léonard de Vinci
Dans le même numéro

Que faire des hommes ?

janv./févr. 2021

L’essor renouvelé des luttes féministes depuis les années 2010 a engagé une profonde remise en cause de la condition des femmes, et soulevé en retour de nombreuses interrogations concernant le rôle et la place des hommes dans la société contemporaine. Comment réinventer le sujet politique masculin, dès lors que celui-ci pose problème ?

Depuis plus de deux siècles, les femmes n’ont souvent dû compter que sur elles-mêmes pour obtenir des droits. Consciemment ou inconsciemment, les hommes sont les bénéficiaires des inégalités de genre qui subsistent aujourd’hui. Tous ne sont pas coupables. En revanche, on peut attendre d’eux qu’ils se sentent responsables des injustices dont ils tirent profit.

La révolution féministe, commencée à la fin du xviiie siècle et qui se poursuit sous nos yeux, est l’une des rares bonnes nouvelles que nous offre le monde aujourd’hui. Ses conséquences se font aussi sentir sur les hommes : l’émergence du sujet politique féminin rétroagit sur le sujet politique masculin. Ce dernier est enfin remis en cause. Dès lors, faut-il le combattre comme oppresseur, l’ignorer parce que la sororité l’exclut par définition, ou est-il possible d’œuvrer avec lui à la justice de genre ? Dans la société d’après #MeToo, quel avenir pour les hommes ?

L’homme comme problème

Alors qu’il s’est toujours arrogé le droit de définir les problèmes sociaux, l’homme est devenu lui-même un problème. Il ne s’agit pas ici d’évoquer les coupables, par exemple les violeurs ou les meurtriers ; il s’agit plutôt du quidam, du spectateur, de l’homme qui n’a rien fait. Mais celui qui n’a rien fait n’a-t-il vraiment « rien fait » ? On peut être sexiste sans le savoir. De la même façon, on peut incarner des problèmes à son corps défendant.

Problème d

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Ivan Jablonka

Professeur d’histoire à l’université Paris 13 (Sorbonne Paris Cité), codirecteur de la collection « La République des Idées » au Seuil, il est l’auteur de L’Histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales (Seuil, 2014) et de Laëtitia ou la fin des hommes (Seuil, 2016).…

Dans le même numéro

Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».