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À la recherche du socialisme démocratique. La pensée politique de George Orwell et de Simone Weil

Leurs chemins se sont croisés sans qu’ils ne se rencontrent jamais. Les points communs entre leurs œuvres – expérience de la condition ouvrière, guerre d’Espagne, dénonciation du totalitarisme – ne sont pas nombreux par hasard : il y avait bien une recherche politique commune et un style d’expression qui rapprochaient le Britannique et la Française.

Il n’est pas surprenant que le premier biographe anglais de Simone Weil n’ait été autre que Richard Rees, un des plus proches amis de George Orwell. Rees avait parfaitement conscience des ressemblances qui unissaient Weil et Orwell, et le titre de son étude de 1961, Orwell, fugitif du camp de la victoire, est en réalité une citation tirée des cahiers de Simone Weil, que Rees livre dans son intégralité au début de l’ouvrage :

Si on sait par où la société est déséquilibrée, il faut faire ce qu’on peut pour ajouter du poids dans le plateau trop léger. […] Mais il faut avoir conçu l’équilibre, et être toujours prêt à changer de côté, comme la Justice, cette « fugitive du camp des vainqueurs1 ».

Et c’est précisément cette idée qu’exprime Orwell, dans son style typiquement provocateur, lorsqu’il évoque sa devise de jeunesse : « Les opprimés ont toujours raison et les oppresseurs toujours tort2. » Weil et Orwell fu

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