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La droite en mal d'hégémonie culturelle

décembre 2017

#Divers

« Indignés », « atterrés », « insolents », « insoumis », « décroissants », « Femen », « végans », etc. : les nouvelles appellations, politiques ou autres, affichent la couleur et le programme de leur rébellion, qui se veut par principe « radicale », « anti-système », rupture avec les consensus de toutes sortes dont profitent les puissants et les dominants de l’heure, les tenants des traditions reçues comme des vérités éternelles, les gardiens de multiples orthodoxies, tous les modérés qui se considèrent comme le camp du Bien, du Normal, du Juste. Les préfixes privatifs comme « in- » ou « dé- » et leurs variantes sont en vogue dans le choix de ces qualificatifs transformés en noms propres. Ce front de refus tente aussi de renouveler les formes de la lutte, de sortir du « ronron » ou du trop sage, de surprendre donc, en transgressant d’une manière ou d’une autre les codes, les lieux et les temps reçus de la communication.

Presque toujours, jusqu’à présent, cette volonté de rupture venait de la gauche, ou de militants de causes nobles, humanistes, désireux de sortir « radicalement » d’injustices install

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Jean-Louis Schlegel

Philosophe, éditeur, sociologue des religions et traducteur, Jean-Louis Schlegel est particulièrement intéressé par les recompositions du religieux, et singulièrement de l'Eglise catholique, dans la société contemporaine. Cet intérêt concerne tous les niveaux d’intelligibilité : évolution des pratiques, de la culture, des institutions, des pouvoirs et des « puissances », du rôle et de la place du…

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Les crises que connaît l’Europe (dettes, accueil des migrants, nationalismes) pourraient fonctionner comme des cordes de rappel. Le dossier « Nous, l’Europe et les autres », coordonné par Anne-Lorraine Bujon, défend le projet européen, son identité composite et son approfondissement démocratique.