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Photo : Trnava University via Unsplash
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Le réexamen des lois de bioéthique, pour quel monde commun ?

Le réexamen des lois de bioéthique révèle la réflexivité des sociétés modernes, mais laisse perplexe quant à nos capacités à critiquer et à agir sur un système technique global et normalisé. La dimension politique du corps ouvre quant à elle d’autres perspectives.

Comment une société fait-elle le point sur ce qui, pour elle, compte au point qu’elle ne saurait, en ces matières, transiger ? Peut-elle seulement, se regardant vivre et évoluer, instaurer de temps à autre, dans le flux et la vitesse, des stases pour se livrer à un auto-examen ? N’est-ce d’ailleurs pas cela l’éthique, dans la bioéthique : offrir collectivement le scrupule de la pause au cœur de la trépidation des courses à l’innovation ? Elle peut le faire en imagination, de façon prospective, en se projetant dans le temps. La récente réinitialisation d’un Haut-Commissariat au Plan servira une telle entreprise. Elle peut le faire à travers un travail de mémoire, consistant à revisiter les actions menées, les évolutions survenues, les questions de société qui sont progressivement apparues et qui méritent d’être débattues, en vue de la suite à leur donner. Le réexamen obligatoire depuis la loi de 2011, une fois tous les sept ans, de la loi relative à la bioéthique, précédé d’un débat public sous forme d’états généraux, travaille à cette intention, cherchant à répondre à la question : « Quel monde voulons-nous pour demain ? »

Superbe et douloureuse réforme des lois bioéthiques

On ne peut négliger, on doit même saluer la réflexivité par le biais de laquelle la société française s’est mise en travail. Se réunir en états généraux tout d’abord avant de le faire en assemblée, pour le temps d’une soirée ou d’un après-midi ; penser et réfléchir ensemble, experts et n

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Jean-Philippe Pierron

Professeur de philosophie à l’université de Bourgogne, Jean-Philippe Pierron vient de publier Je est un nous (Actes Sud, 2021).

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Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.