Photo : Louis Reed
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Le jardinier du savoir

Apparue en 1969 sous la plume du théoricien du management Peter Drucker, la formule magique de «société du savoir» permet aujourd’hui aux hommes politiques, aux médias et aux responsables académiques de faire miroiter un avenir radieux, où les maladies auront disparu, où des produits intelligents et hautement rentables dispenseront les hommes de tout travail pénible, et en feront des citoyens instruits, connectés et cultivés. Seuls des esprits chagrins ou dénués d’imagination pourraient douter de cet idéal d’une humanité libérée de ses peines par la grâce des robots.

Cet idéal tend toutefois à réduire la recherche scientifique à un «investissement d’avenir» dont il faut surveiller la rentabilité. Les chercheurs, qui en sont devenus comptables, gémissent sous le poids des programmes, des appels d’offres, des indicateurs de performance et des innombrables rapports qui sont exigés d’eux pour accéder à la manne des crédits. Ils s’y soumettent cependant, car leur carrière en dépend, comme celle de leurs collaborateurs. La formule de la «société du savoir

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Joachim Nettelbeck

Docteur en sociologie, Joachim Nettelbeck a notamment été secrétaire général du Wissenschaftskolleg zu Berlin.

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.