Photo : Cherry Laithang
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La banalisation du mal

juil./août 2018

#Divers

Dans les années 1970, nous sommes passés d’une immigration de travail à une immigration de peuplement, ce qui a entraîné des difficultés d’intégration et une nouvelle forme, culturelle, de racisme. Aujourd’hui, les migrants qui arrivent ne font souvent que transiter, le racisme s’est fixé sur une religion et les politiques migratoires sont de plus en plus dures.

Sur quoi se fondent les politiques migratoires ? La recherche en sciences humaines et sociales traite de la question migratoire d’abondance, mais en des termes qui étonnent si l’on compare ses préoccupations et ses résultats avec ce qui est au cœur du débat public en la matière. Pour les chercheurs, en effet, il s’agit de comprendre comment et pourquoi des personnes et des groupes quittent leur pays, s’engagent dans des processus parfois longs et complexes de mobilité, éventuellement au péril de leur vie. Il s’agit aussi d’apprécier l’effet des migrations sur la culture, sur la vie économique de la société d’accueil comme de la société de départ, d’y apprécier par exemple les conséquences des remesas, les envois de fonds de migrants latino-américains vers leurs familles ou leurs communautés d’origine.

L’élaboration de statistiques, éventuellement confiée à des organismes spécialisés relevant de la puissance publique, apporte des données quantitatives sur les flux de migrants et, par exemple, chiffre les entrées et les sorties. Pour la France, elle se fait avec précision pour celles qui sont légales et avec des approximations qui semblent sérieuses pour les autres. Les chiffres,

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Michel Wieviorka

Directeur d'études en sociologie à l'EHESS, il est notamment l'auteur, avec Farhad Khosrokhavar, de les Juifs, les musulmans et la République (Robert Laffont, 2017). 

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Assistons-nous au triomphe de la xénophobie ? Les exilés ne sont plus les bienvenus dans notre monde de murs et de camps. Pourtant, certains font preuve de courage et organisent une contre-politique hospitalière. Ce dossier estival, coordonné par Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, invite à ouvrir le secours humanitaire sur un accueil institutionnel digne et une appartenance citoyenne réinventée.