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4. Cécilia vue de dos

juillet 2007

L’oscillation pendulaire de notre perception télévisuelle balance entre voir et regarder ; le voir se laisse envahir par l’atmosphère, griser par les visages, emporter par la fiction propre à toute situation, cependant que le regard, pointe, focalise, trie, décode : le voir, enfantin, se laisse ravir, en route vers l’addiction aux images, tandis que le regard, adulte intelligent, cherche à lever le voile (dévoiler) de tous les pouvoirs qui s’avancent masqués, comme la félonie sous le sourire, la soif de pouvoir sous la bonhomie désinvolte.

C’est ainsi que par une fin de matinée grise, je décide d’assister à la retransmission en direct de la cérémonie de passation du pouvoir présidentiel à l’Élysée. Seule avec la foule des téléspectateurs (la communion avec une assistance invisible est un effet intéressant des cérémonies en direct), la tasse d’expresso en main, la posture rodée du vieux routier de téléfilms, feuilletons et séries en tous genres, j’attends de voir. Mon « voir » stupéfié (drogue, stupéfiants) a dégagé sans état d’âme mon « regard » de sociologue des médias. Pour tout confesser, même si les fastes du protocole et la parade des politiques sont toujours divertissants à observer télévisu

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