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Les formes de l'affect écologiste. Des attachements à la critique

janv./févr. 2018

#Divers

Si l’affect écologiste est encore privé d’une culture politique, c’est parce que ses catégories sont encore confuses, qu’il s’est élaboré comme alerte morale et qu’il s’est fait normaliser dans l’espace public. Sa puissance critique gagnerait pourtant à s’inscrire dans l’histoire et la société moderne.

Des attachements à la critique

L’histoire peut-elle donner raison par elle-même à un mouvement politique ? Nous sommes fondés à nous poser la question, aujourd’hui plus qu’hier encore, au sujet de l’écologisme, puisque, en apparence au moins, les transformations de la planète, du vivant et du climat plaident d’elles-mêmes pour une réponse écologique. Ce serait en quelque sorte le monde lui-même qui appellerait à sa protection, la conjoncture matérielle, sociale et économique qui fournirait à la simple intuition le geste critique approprié. Malheureusement, il n’en est rien : les événements ne parlent pas dans le champ de la politique avec une voix suffisante et il reste nécessaire d’élaborer la pensée politique de l’écologie à l’intérieur de l’espace idéologique contemporain. Une vision optimiste des décennies écoulées pourrait suggérer que le mouvement de protection de l’environnement est à l’évidence l’incarnation d’une nouvelle rationalité politique vouée à s’imposer, dans les régions du monde les plus industrialisées comme dans celles qui atteignent plus tardiv

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Pierre Charbonnier

Philosophe, chargé de recherche au CNRS (Lier-Imm-Ehess), il est l’auteur de la Fin d’un grand partage (CNRS, 2015). Voir son article « L’ambition démocratique à l’âge de l’anthropocène », Esprit, décembre 2015.

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Devant la pression sur les ressources naturelles, le projet écologique est le seul qui fasse durablement monde. Ce dossier appelle à un approfondissement de la solidarité et souligne l’urgence d’une transformation de l’Etat, de nos sociétés, de nos concepts politiques et de nos imaginaires.