Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Été 1961, un jeune harki en Algérie. Photo Jean Poussin, via Wikimédia (CC BY-SA 3.0)
Dans le même numéro

La guerre d'Algérie n'est vraiment pas finie

Le 14 février 2017, à Alger, Emmanuel Macron a déclenché une vive polémique en France, en déclarant que « la colonisation a été un crime contre l’humanité ». Cette polémique témoigne du refus d’oublier le traumatisme subi, mais aussi d’une instrumentalisation de la mémoire de la guerre d’Algérie par les pouvoirs politiques.

En déclarant en pleine campagne présidentielle, le 14 février à Alger, en réponse à une question d’un journaliste d’une télévision locale, que « la colonisation a été un crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a déclenché une vive polémique en France. Il a suscité l’émotion et, bien sûr, la réprobation chez beaucoup de pieds-noirs ou d’anciens harkis ainsi que chez nombre d’anciens appelés ayant servi outre-Méditerranée. Cette phrase a été entendue en effet par la plupart des autres candidats à l’Élysée et leurs formations politiques, ainsi que par des organisations de rapatriés ou d’anciens combattants, comme signifiant que le fondateur du mouvement En marche ! accusait très précisément son pays d’avoir commis des crimes contre l’humanité pendant la guerre d’Algérie. Ce qu’ils jugeaient soit inacceptable (le Front national en particulier, mais aussi la plupart des autres partis, évoquant une regrettable « repentance »), soit imprudent (un crime contre l’humanité étant imprescriptible), soit tout simplement faux. Seuls, de fait, des historiens ont immédiatement approuvé publiquement en France sa déclaration, en notant au passage qu’elle visait d’ailleurs, comme le fera remarquer Macron lui-même peu après, la colonisation dans son ensemble et pas seulement sa version algérienne.

I

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Renaud de Rochebrune

Renaud de Rochebrune est journaliste, écrivain et éditeur. Il est auteur de plusieurs ouvrages d'histoire dont Les Patrons sous l'Occupation (Odile Jacob, 1995), a collaboré à de nombreuses publications, dont "Le Monde".

Benjamin Stora

Historien français, ancien professeur à l'université Paris-XIII.

Dans le même numéro

Les manifestations et les mouvements de résistance se multiplient aux Etats-Unis depuis l’élection de Donald Trump. Le dossier, qui fait la part belle aux auteurs américains, témoigne des dissidences de la société démocratique américaine, appuyées sur les institutions du contre-pouvoir.