Un avion de chasse taïwanais F-16 vole à côté d’un bombardier chinois H-6 (en haut) dans l’ADIZ de Taiwan. Via Wikimédia
Un avion de chasse taïwanais F-16 vole à côté d'un bombardier chinois H-6 (en haut) dans l'ADIZ de Taiwan. Via Wikimédia

Face à la Chine, l’atout géographique de Taïwan

Face à la montée des pressions militaires chinoises, Taïwan apparaît en position de faiblesse apparente. Pourtant, au-delà du rapport de force, la géographie de l’île constitue un atout stratégique majeur.


Les 29 et 30 décembre 2025, la Chine a une nouvelle fois conduit des exercices interarmées de grande ampleur autour de Taïwan. Ils ont impliqué une trentaine de navires et 130 aéronefs. Au total, 27 roquettes se sont aussi abîmées à proximité des eaux territoriales taïwanaises. Ces manœuvres d’encerclement, de simulation de blocus et de bombardement s’inscrivent dans la continuité d’une intensification de la pression militaire contre Taïwan depuis 2016, année de la victoire aux élections présidentielle et législatives du Parti démocrate progressiste (PDP) qui défend l’existence d’un État-nation taïwanais indépendant alors que la Chine revendique la souveraineté sur l’île. Pékin a d’abord tenté d’isoler l’administration du PDP en coupant les canaux officiels de communication, mais en maintenant un relatif équilibre entre mesures de coercition et de séduction. Les exercices conduits par l’Armée populaire de libération (APL) étaient alors circonscrits à des zones proches des côtes chinoises et jugés « insignifiants » pour la sécurité de Taïwan1. Cependant, après les nouvelles victoires du PDP aux élections nationales de 2020, l’intimidation militaire a clairement pris le dessus.

Elle se manifeste sous trois formes. D’abord, la multiplication des incursions d’aéronefs dans la zone d’identification de défense aérienne (Air Defense Identification Zone, ADIZ) taïwanaise qui sont passées de 380 en 2020 à plus de 4 000 entre janvier et septembre 20252. Bien que non équivalentes à une violation de la souveraineté taïwanaise, une ADIZ étant une zone d’identification autoproclamée sans valeur en droit international, elles constituent, malgré tout, des manifestations d’hostilité et augmentent le risque d’accident. À ces incursions répétées s’ajoutent des manœuvres de la marine chinoise destinées à montrer sa capacité à franchir la première chaîne insulaire du Pacifique3, à encercler Taïwan pour en faire le blocus et à empêcher une possible intervention des États-Unis. Enfin, l’APL a eu recours à six grands exercices interarmées entre août 2022 et décembre 2025.

Vaincre sans combattre

À travers ces manœuvres, la Chine poursuit plusieurs objectifs : entraîner l’APL à intervenir dans le cadre des différents scénarios envisagés, détourner l’électorat taïwanais du camp indépendantiste, harceler l’armée taïwanaise pour en user le matériel et les hommes, et montrer sa puissance. Mais elle essaie surtout de gagner la guerre contre Taïwan sans avoir à la mener en y nourrissant un sentiment de peur et de défaitisme. L’état-major taïwanais a tenté de résumer le principe de cette guerre cognitive – l’asphyxie psychologique de l’adversaire – par une métaphore : « la stratégie de l’anaconda4 ». Elle vise à établir un « fait accompli cognitif5  » en imposant l’idée d’une supériorité militaire écrasante de la Chine dans les médias, les opinions publiques et parmi les observateurs et les décideurs politico-militaires de Taïwan ou du reste du monde. Il s’agit de créer une doxa stratégique selon laquelle la Chine a déjà gagné.

C’est dans ce cadre que chacun des six exercices interarmées a été accompagné d’une vaste campagne de propagande. Un montage vidéo publié en marge des exercices « Joint Sword 2024-B », le 14 octobre 2024, met par exemple explicitement en scène une stratégie d’étouffement progressif de Taïwan. Il débute par une carte de l’île sur laquelle est calligraphié en rouge le caractère le 勒, qui signifie « resserrer ». Ce dernier se transforme ensuite en une ligne rouge qui étrangle Taïwan au fil des quatre exercices militaires organisés entre août 2022 et octobre 2024, symbolisés par des navires de guerre, des chasseurs et des pluies de missiles. Finalement, la ligne rouge devient un poing fermé, un marteau puis une épée qui transperce l’île6. D’autres vidéos insistent sur l’immensité des moyens que l’APL pourrait mettre en œuvre contre Taïwan. L’une d’elles montre des chasseurs s’élançant d’un porte-avions, le parachutage de troupes, des essaims d’hélicoptères d’attaque et une formation de chasseurs furtifs de cinquième génération7. Une carte de Taïwan apparaît ensuite sur laquelle toutes les grandes villes sont des cibles. La séquence se termine sur plusieurs salves de missiles traversant le détroit pour s’abattre sur des bâtiments. Dans une autre vidéo en images de synthèse publiée lors du dernier exercice, des essaims de drones aériens d’attaque et de munitions rôdeuses, des escadres de drones sous-marins (Unmanned Underwater Vehicle, UUV) ou de surfaces (Unmanned Surface Vehicle, USV) et des meutes de drones terrestres se lancent à l’assaut de Taïwan8.

Toutes ces mises en scène répondent aux mêmes codes. Elles visent à subjuguer le spectateur par le nombre écrasant des plateformes dont dispose l’APL, leur avancée technologique et leur puissance de feu. Au même titre que la gigantesque parade militaire conduite à Pékin le 3 septembre 2025, elles participent à la construction d’un récit militaire centré sur une approche essentiellement quantitative et sur l’effacement des contraintes physiques et géographiques par la technologie. Taïwan y est systématiquement représentée comme une masse inerte, sans défense. Les 150 à 180 kilomètres du détroit deviennent un ruisseau aisément franchissable. Ce récit fonctionne d’autant mieux qu’il est largement relayé par les choix éditoriaux des médias du monde entier. Ils reprennent abondamment les images diffusées par l’APL, en les complétant de tableaux et de cartes qui soulignent le déséquilibre criant des forces en présence. Les titres et les représentations graphiques mettent aussi l’accent sur le caractère imminent d’une guerre.

L’épreuve du terrain

L’imposante supériorité numérique de l’APL est incontestable. Cependant, elle ne dit pas tout du rapport de force. Si l’on souhaite avoir une compréhension plus objective de la situation, il est important de souligner que le récit militaire chinois n’en donne qu’une vision partielle, tronquée d’un élément qui figure au cœur des doctrines militaires : la géographie. La guerre en Ukraine est venue nous rappeler que même dans les conflits mobilisant les technologies les plus avancées, la géographie continue d’être un facteur déterminant en raison des contraintes physiques qu’elle exerce sur les armées, leurs plateformes et leur logistique. Les forces ukrainiennes, largement inférieures en nombre et en équipement, sont parvenues à stopper l’armée russe grâce à une utilisation intelligente de leur environnement naturel et d’armements asymétriques.

Bien qu’il soit très différent, l’environnement géographique de Taïwan jouerait également un rôle clé, quel que soit le scénario d’agression envisagé. Faute de place, seul le cas d’une invasion sera abordé, puisque le recours à la force, les simulations de débarquement, ainsi que la peur et le défaitisme qu’ils sont censés générer sont au cœur de la guerre cognitive considérée ici. Dans un tel cas de figure, ce que la doctrine française pour les opérations amphibies appelle l’environnement GHOM (géographique, hydrographique, océanographique, et météorologique)9 offrirait à la défense taïwanaise quatre atouts majeurs : être positionnée sur une île tropicale, disposer de côtes rocheuses et escarpées ainsi que d’un relief montagneux qui en font une forteresse naturelle, profiter de la couverture urbaine très dense qui s’étend presque en continu sur la côte ouest, et bénéficier de conditions climatiques renforçant ce que les armées nomment, après Clausewitz, le « brouillard de la guerre », c’est-à-dire l’incertitude qui enveloppe la planification des opérations militaires du fait du manque d’informations, et les « frictions », c’est-à-dire tout qui est susceptible de ne pas bien se dérouler dans un plan.

En dépit de certaines variations possibles, une invasion comporterait probablement cinq grandes phases10 : le prépositionnement de navires autour de Taïwan pour en faire le blocus, des cyberattaques et la concentration de forces sur les côtes chinoises ; une vaste campagne de bombardement ; les opérations aéroportées et amphibies de traversée du détroit ; le débarquement pour créer une tête de pont ; le maintien d’un flux logistique continu à travers le détroit pour faire venir les renforts et le matériel nécessaires à une invasion en profondeur. Lors de chacune de ces phases, l’APL sera soumise aux contraintes GHOM.

Il est généralement estimé qu’après avoir dissipé le brouillard empêchant de faire clairement la distinction entre les préparatifs d’un nouvel exercice interarmées majeur et une invasion, il restera encore deux semaines à Taïwan et ses soutiens pour réagir. Taipei aura alors le temps de préparer l’île au choc d’un bombardement et de mettre à l’abri les plateformes nécessaires à sa défense contre les forces d’invasion. Washington, qui fait de la première chaîne insulaire du Pacifique le centre de sa stratégie de dissuasion de la Chine11, et Tokyo, qui considère qu’une agression militaire contre Taïwan constituerait une « situation menaçant la survie » du Japon12, pourraient décider de concert de fermer par des moyens terrestres antinavires les deux points d’accès au Pacifique que sont le détroit de Miyako et le canal de Bashi. Les groupes aéronavals chinois prépositionnés à l’est de Taïwan se trouveraient alors coupés de leurs bases, possiblement pour plusieurs mois. Cela mettrait les équipages et les navires à rude épreuve : ils pourraient être attaqués par des missiles antinavires à longue portée et se trouveraient sur la trajectoire des typhons de juin à octobre ou soumis aux tempêtes d’hiver.

Une invasion comporterait probablement cinq grandes phases.

Lors de la deuxième phase, l’APL tentera de neutraliser les moyens de commandement et de surveillance (C4ISR) de Taïwan ainsi que ses défenses antiaériennes et antinavires, sa marine, son aviation, son artillerie et ses infrastructures critiques. Elle y parviendra, mais seulement partiellement, laissant de grandes quantités de moyens de réponse, compte tenu des milliers de plateformes dispersées qu’il faudrait identifier et détruire et de leur mobilité croissante. Après avoir traîné les pieds, l’armée taïwanaise s’est en effet résolue à développer une défense asymétrique, qui privilégie la production locale et l’achat d’un « grand nombre de petites choses » mobiles et très létales13 : plusieurs milliers de missiles antiaériens et antinavires, de l’artillerie automotrice et 200 000 drones aériens et navals. Les abris constitués par les tunnels et les vallées de montagne recouvertes de forêt tropicale ou l’immensité des zones urbaines pourraient dissimuler blindés, radars mobiles, artillerie, lance-missiles, hélicoptères et remorques lanceuses de drones kamikazes. Taïwan devrait donc disposer d’un arsenal encore conséquent de « déni d’accès et interdiction de zone » (A2/AD) pour affronter les trois phases suivantes.

La première d’entre elles consistera à faire traverser le détroit à plusieurs centaines de milliers d’hommes. Pour cela, la Chine devra mobiliser des centaines de navires civils mal défendus, Pékin disposant seulement de capacités amphibies pour 20 000 soldats et leur matériel, auxquels pourraient s’ajouter 10 000 combattants aéroportés14. Le franchissement du détroit prendra entre six et douze heures, sur une mer fréquemment agitée. Les navires chinois seront alors de « gros corps » lents ciblés par des volées de projectiles (missiles et drones)15. Ils devront aussi échapper aux mines et aux UUV et USV kamikazes.

Les troupes arrivant à proximité des côtes seront certes appuyées par d’autres frappes de missiles et des moyens aériens, mais si la défense taïwanaise conserve une capacité A2/AD suffisante, ces derniers, comme l’aviation russe en Ukraine, seront tenus à distance. Pour tenter d’établir une tête de pont, les forces chinoises devront alors franchir les derniers kilomètres sous le feu de l’artillerie et de l’infanterie munie de missiles portables et de munitions rôdeuses. Les forces taïwanaises pourront d’autant mieux transformer les points de débarquement en kill zones que les 1 566 kilomètres de côtes offrent peu de points d’entrée. Elles se résument le plus souvent à des falaises et à des formations rocheuses. Certains analystes estiment que quatorze plages peuvent offrir les conditions d’un débarquement, auxquelles s’ajoutent sept infrastructures portuaires, mais d’autres pensent que seuls trois ou quatre points d’entrée sont réellement envisageables16. La défense taïwanaise s’y entraîne régulièrement et s’y concentrera. Or selon la doctrine française pour les opérations amphibies : « Particulièrement sensible aux conditions d’environnement, notamment l’état de la mer, la vulnérabilité des forces est maximale au moment de la mise à terre qui impose une menace ennemie faible ou réduite sur les points d’application de la projection17. » C’est pourquoi elle préconise : « Face à la force débarquée, la menace acceptable doit être de l’ordre d’un contre quatre au point de débarquement18. » L’armée de terre taïwanaise compte environ 94 000 soldats19, auxquels s’ajoutent 11 000 hommes et femmes de la police militaire et les quelques dizaines de milliers de réservistes qui pourront effectivement être mobilisés, armés et aptes au combat. Autrement dit, même en tenant compte des pertes et de la dispersion des forces taïwanaises, quel que soit le point d’entrée, l’APL devra être en mesure de débarquer entre 60 000 et 80 000 soldats en première vague. C’est largement au-dessus de ses capacités actuelles, surtout si l’on inclut les pertes subies auparavant.

La force débarquée lors des premiers jours serait donc insuffisante, même si les Taïwanais sont seuls à se défendre. S’ils tiennent encore une grosse semaine, cela donnera le temps aux États-Unis et au Japon d’intervenir. Non pas via l’envoi de troupes au sol, mais en harcelant la flotte d’invasion principalement grâce aux missiles antinavires à longue portée des bombardiers stratégiques américains et grâce à leur force sous-marine. En effet, la Chine devrait surpasser les États-Unis en nombre de sous-marins d’ici 2030, mais si l’on considère que le Japon en a vingt-trois, que ces deux puissances ont une bien meilleure connaissance de l’environnement océanographique pour y avoir navigué et combattu depuis la Seconde Guerre mondiale, que la moitié de la flotte chinoise est bruyante et que ses sous-mariniers n’ont aucune expérience réelle de la guerre, l’APL pourrait avoir du mal à se maintenir au-delà de la première chaîne insulaire. Cela libérerait alors le flan est de Taïwan, protégé par une chaîne de hautes montagnes. Avec deux conséquences : la fin du blocus naval et la possibilité pour ce qu’il restera de l’aviation taïwanaise d’opérer à nouveau ponctuellement.

La Chine est certainement consciente des fortes frictions que le facteur géographique générerait lors d’une tentative d’invasion de Taïwan. C’est pourquoi les exercices militaires se doivent de paraître les plus réalistes et menaçants possible. Leur pouvoir de coercition par la subjugation doit se substituer à une invasion fantasmée, mais qui reste hors de portée car beaucoup trop risquée. Pour l’instant, la population taïwanaise ne se laisse pas berner et semble prête à résister20. Cela ne signifie pas pour autant que Taipei puisse abandonner le déploiement de moyens asymétriques de déni d’accès les plus efficaces et nombreux possibles tout en préparant la population à résister au pire, car l’ajustement à l’environnement naturel des capacités A2/AD associé à un esprit de défense solide constitue le cœur d’une dissuasion taïwanaise crédible.

  • 1. Voir “Chinese drill ‘not significant’: Officials”, Taipei Times, 17 avril 2018.
  • 2. Voir “China-Taiwan weekly update, October 3, 2025” [en ligne], Institute for the Study of War, 2025.
  • 3. Elle s’étend des îles japonaises au nord aux îles de la Sonde au sud, en passant par l’archipel japonais des Ryūkyū, Taïwan et les Philippines.
  • 4. Wu Che-yu et Jonathan Chin, “PRC using ‘anaconda strategy’: Admiral”, Taipei Times, 5 octobre 2024.
  • 5. Brian Kerg, “Think China can already take Taiwan easily? Think again” [en ligne], PacNet 41, 18 juin 2024.
  • 6. “越勒越紧!” [The tighter it gets!], vidéo publiée par le commandement du théâtre d’opérations de l’Est de l’APL, consultable sur YouTube.
  • 7. “降妖除魔” [Subdue demons and vanquish evils], vidéo publiée par le commandement du théâtre d’opérations de l’Est de l’APL, consultable sur le site Xinhuanet.
  • 8. “联武群戈斩‘独’道” [Joint operations to thwart ‘Taiwan independence’ attempts], vidéo publiée par le commandement du théâtre d’opérations de l’Est de l’APL, consultable sur YouTube et Xinhuanet.
  • 9. Opérations amphibies. Livret 1/2, PIA-3.0.1, publication amendée le 2 avril 2015, Centre interarmées de concepts, de doctrines et d’expérimentations, p. 28.
  • 10. Voir Mark F. Cancian, Matthew Cancian et Eric Heginbotham, “The first battle of the next war. Wargaming a Chinese invasion of Taiwan” [en ligne], Center for Strategic and International Studies, janvier 2023. Voir aussi Andrew S. Erickson, Conor M. Kennedy et Ryan D. Martinson, Study No. 8, Chinese Amphibious Warfare: Prospects for a Cross-Strait Invasion, Newport, China Maritime Studies Institute, U.S. Naval War College, Naval Institute Press, 2024.
  • 11. Voir 2026 National Defense Strategy, Department of War, United States of America, 2026, p. 4 et 18.
  • 12. Voir Tai Ya-chen et Hsiao Hsu-chen, “‘Taiwan contingency’ could prompt Japanese armed reaction: Japan PM” [en ligne], Focus Taiwan, 7 novembre 2025.
  • 13. Voir Lee Hsi-min et Eric Lee, “Taiwan’s overall defense concept, explained” [en ligne], The Diplomat, 3 novembre 2020.
  • 14. Voir Christopher A. Lawrence, “The Chinese amphibious lift capacity” [en ligne], The Dupuy Institute, 2 décembre 2024.
  • 15. Voir Gabriel Collins et Andrew S. Erickson, “Annexation of Taiwan: A defeat from which the US and its allies could not retreat” [en ligne], Houston, Rice University’s Baker Institute for Public Policy, 1er août 2024.
  • 16. Voir Ian Easton, “Hostile harbors: Taiwan’s ports and PLA invasion plans” [en ligne], 22 juillet 2021, Project 2049 Institute. Voir aussi : “‘Red Beaches’ try to predict where China might attack” [en ligne], Frontline Taiwan, 27 novembre 2025.
  • 17. Opérations amphibies, op. cit., p. 26.
  • 18. Ibid., p. 11.
  • 19. International Institute for Strategic Studies, The Military Balance 2024, New York, Routledge, 2024, p. 315.
  • 20. Raymond Kuo et Catherine Kish, “Taiwan’s will to fight isn’t the problem” [en ligne], War on the Rocks, 5 septembre 2025.