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17
septembre
2022
jusqu'au
17
décembre
2022
Cinéma Nouvel Odéon, 6 rue de l’École de médecine, Paris 6ème.
10h30
Ciné-club Médecine et soin au cinéma

Cinéma Nouvel Odéon, Paris

Ciné-club Médecine et soin au cinéma

La revue Esprit poursuit son partenariat avec le ciné-club « Barberousse. Médecine et soin au cinéma », qui reprend à la rentrée 2022, un samedi par mois à 10h30, au cinéma Nouvel Odéon, 6 rue de l’Ecole de médecine (Paris 6ème).

Le ciné-club sollicite les ressources du cinéma pour rendre sensibles les enjeux de soin, au sens le plus vaste du terme. Il projette des films qui rappellent que nous sommes tous vulnérables et, à des titres divers, soignants et soignés. Des films qui font percevoir les valeurs et difficultés du soin, comme l’avait fait A. Kurosawa dans son chef d’œuvre Barberousse.

Les discussions interrogent les enjeux psychiques, éthiques et politiques du soin que le cinéma aide à mieux voir et à mieux formuler. Il ne s’agit pas d’illustrer un propos, mais de réagir, pendant les projections, chacun(e) dans son for intérieur, puis collectivement grâce à des échanges entre les organisateurs, les spectateurs et les invité(e)s. Les films, choisis pour leur capacité à mobiliser par eux-mêmes émotions, réflexions et interrogations, sont ainsi partie prenante d’une recherche qui associe praticiens du soin (médical ou autre), spécialistes et professionnels du cinéma, philosophes et chercheurs en sciences humaines et sociales, spectateurs de tous horizons.

Depuis sa création en 2017, le ciné-club a notamment présenté Cléo de 5 à 7 d’A. Varda, Titicut Follies de F. Wiseman, Cris et chuchotements d’I. Bergman, La Mort de Dante Lazarescu de C. Puiu, A tombeau ouvert de M. Scorsese, Still the Water de N. Kawase, Elephant Man de D. Lynch, Arguments d’O. Zabat, La Fille inconnue de J.-P. et L. Dardenne, Million Dollar Baby de C. Eastwood, De chaque instant de N. Philibert, Jeanne et le garçon formidable d’O. Ducastel et J. Martineau, etc.

 
Les projections sont suivies de discussions sur les enjeux éthiques et politiques du soin aujourd'hui. Elles sont animées par François Crémieux, directeur général de l’Assistance-Publique Hôpitaux de Marseille, Jean-Michel Frodon, critique de cinéma et professeur associé à Sciences-Po, et Céline Lefève, maîtresse de conférences en philosophie, directrice de l'Institut « La Personne en médecine » (Université Paris Cité).

 

Programme Automne-Hiver 2022

17 septembre : Les Heures heureuses (2019) de Martine Deyres

« Entre 1939 et 1945, plus de 40 000 internés sont morts de faim dans les hôpitaux psychiatriques français. Un seul lieu échappe à cette hécatombe, l'asile d'un village isolé du centre de la France : Saint-Alban-sur-Limagnole. Que s'est-il passé, ici et nulle part ailleurs, qui ait fait exception ? La réponse se trouve peut-être dans ces quelques heures de films amateurs que j'ai par hasard retrouvés et qui, surgissant du passé, viennent témoigner des milles et unes inventions quotidiennes d'un lieu de résistances. »

Discutant : Claude-Olivier Doron, maître de conférences en histoire et philosophie des sciences (SPHERE/Centre Georges Canguilhem, Université Paris Cité).

 

15 octobre : Madres Paralelas (2021) de Pedro Almodovar

Deux femmes, Janis dans la quarantaine et Ana, encore adolescente, accouchent en même temps. Elles se lient d'amitié à la maternité. Elles ont chacune une fille. Bientôt, Janis, qui adore son bébé, a des doutes sur le fait que sa petite Cecilia soit bien son enfant. De test ADN en retrouvailles avec Ana, puis de faux-semblants en double jeu, se met en place une sorte de marivaudage tendu des émotions maternelles, des désirs féminins et des formes innombrables que prend l'amour. Ce labyrinthe des relations intimes de deux femmes trouve à s'inscrire dans l’histoire collective et au long cours des crimes franquistes et du rapport à la mémoire qui travaille toujours l'Espagne.

 

19 novembre :  Bienvenue à Gattaca (1997) d’Andrew Niccol

Classique du film d’anticipation, Bienvenue à Gattaca met en scène une société eugéniste qui confond prédispositions génétiques et prédestination, néglige l’épigénétique et le social, et instrumentalise la médecine au service d’un ordre politique et social qui fait fi de la liberté individuelle. Ce que les personnages tentent d’y introduire de rêve, d’inventivité et de subversion vient contrer le façonnement des corps et des désirs, des identités et des liens par un dévoiement de la médecine.

 

17 décembre :  De Humani Corporis Fabrica (en avant-première) de Lucien Castaing Taylor et Verena Paravel

Ce film, réalisé principalement dans les hôpitaux Bichat et Beaujon, par deux anthropologues, déjà auteurs du film majeur, Leviathan (2014), entreprend une exploration du corps humain, comme objet de soins mais aussi comme toujours connecté à d'autres « corps », humains et non humains. Il construit une perception de corps enchâssés, reliés entre eux par des câbles et par des mots, des couloirs et des machines, par des savoirs multiples, des affects et des procédures. Immergés de longs mois à l’hôpital, les réalisateurs ont conçu une caméra leur permettant de s'approcher au plus près d’interventions chirurgicales en cours. Ils ont effectué un travail de montage entre leurs images et celles enregistrées par les instruments médicaux qui se révèle un travail poétique, une composition pour percevoir, sentir, penser autrement. Le film accompagne notre cheminement intérieur qui consiste à se demander pourquoi nous avons tant de mal à regarder l’intériorité du corps, ce qui nous compose et qui nous fait vivre. Le film offre un extraordinaire travail visuel, des images étrangement fascinantes, mais aussi sonore où se font aussi entendre les jeux de relations entre des êtres en situations violemment inégalitaires –patients et soignants.

 

Tarif : 7 euros. En partenariat avec la revue Esprit et la Chaire « Philosophie à l'hôpital » de l'Hôtel Dieu (AP-HP/ENS).