2
mai
2019
jusqu'au
4
mai
2019
Reid Hall, Columbia Global Centres, Paris
Derrida et la technologie

Derrida et la technologie

Comment la déconstruction se confronte-t-elle aux percées et aux avancées de la technologie ?

Notre colloque international entend interroger le rapport entre l’œuvre philosophique de Jacques Derrida et la question de la technologie. Ce rapport n’aura bénéficié, par le passé, que d’un examen oblique et demeure somme toute fort peu abordé. Or il est non seulement central dans l’écriture de Jacques Derrida, mais il s’avère aussi incontournable pour tous ceux qui cherchent à poursuivre et à engager le travail de la déconstruction ainsi qu’à y déceler des possibilités concrètes capables de répondre au monde contemporain. Comment la déconstruction se confronte-t-elle aux percées et aux avancées de la technologie ? En quoi la déconstruction peut-elle redéfinir notre rapport à ce que Heidegger nommait de façon plutôt négative, voire angoissée, le « déferlement planétaire de la technique » ? La déconstruction engage-t-elle un autre rapport à la technologie que la condamnation ou la célébration ?

Notre dessein est donc d’ouvrir à une pensée de la technologie sachant à la fois mesurer et évaluer toutes ses dérives possibles ainsi que toutes ses avancées certaines en se refusant de simplement la proscrire ou l’agréer. Comment la technologie et son devenir affectent-ils le statut et la position, le sens et l’orientation de l’humain, de l’expérience, et par conséquent de la connaissance, du rapport à l’autre, voire du politique et plus particulièrement de la démocratie ? En quoi la déconstruction peut-elle proposer non seulement une description de ce phénomène, mais aussi et surtout un agir capable d’inventer des formes inédites de stances critiques, voire des modalités d’engagement, devant les méfaits aujourd’hui constatables dans les différents usages incontrôlés de moyens technologiques : surveillance des populations, collecte d’informations privées, uniformisation des singularités et du langage, robotisation et intelligence artificielle, ce que Derrida nommait aussi la « télécommunication » et la « télé-technologie » depuis lesquelles s’engage un questionnement face à Internet, par exemple, à l’heure de la « mondialatinisation » : l’archive, l’information médiatique, le cinéma, la photographie, l’écriture, l’image, etc.

Ce colloque international réunira philosophes, littéraires, psychanalystes, historiens du 2 au 4 mai 2019 au Columbia Global Center à Paris. Nous espérons ainsi engager la pensée de Jacques Derrida dans une confrontation profonde de la technologie avec notre contemporanéité : ses risques et ses opportunités, tout comme son passé et son avenir. Ce colloque international sera l’occasion de poser les bases d’une « Association internationale Jacques Derrida ».

 

JEUDI 2 MAI

9h30 – 10h : ACCUEIL et INTRODUCTION

J. Cohen, R. Zagury-Orly, A. Kuchtova, M. Fiserova, P.-A. Chardel, L. Wolfe

10h - 11h30

Pierre Antoine Chardel (Paris), De l’écrit aux écrans. Actualité de la déconstruction à l’ère des télé-technologies

Kasuisa Fujimoto (Tokyo), Déconstruction de la télé-technologie : singularité, dissémination et hantologie

Fernanda Bernardo (Coimbra), Inconditionnalité et Télétechnologie. Déconstruction et folie du pardon

11h45 – 13h15

Rachid Boutayeb (Brême), Philatélie et technique du pouvoir. Méditations derridiennes

Orietta Ombrosi (Rome), Technique et animalité. L’impression et l’emprise de la technique sur l’« animot »

Thomas Mercier (Prague), Et si le Golem répondait ? De quelques « événements-machines » et « super-monstres »

14h45 – 16h15

Masato Goda (Tokyo), De la grammatologie japonaise

Zhana Demianova (Sofia), Technologie postale et technique archivale : aventures croisées de la pensée derridienne

Paul Audi (Paris), Les fruits de l’invention

16h30 – 17h30

Alzbeta Kuchtova (Bratislava), La technologie et la main

Charles Corval (Paris), La déconstruction chez les théoriciens d’une éthique des robots. Derrida chez David J. Gunkel et Mark Cockelbergh

17h40 – 18h40

Pierre Delain (Paris), Le cinéma, plus qu’une technologie : « Ce qui ne peut s’en dire »

Yotetsu Tonaki (Tokyo), Télétechnologie et hantologie : de Levinas à Derrida

 

VENDREDI 3 MAI

10h – 11h

Martin Charvat (Prague), Derrida and Baudrillard on Media: Trajectories of Event

Benjamin Slavik (Prague), Dis/appearing of the Medial in/between Derrida’s and Deleuze’s Perspectives

11h10 – 12h10

Ronit Peleg (Tel Aviv), Debts of Writings / To Whom, To What is Writing Indebted ?

Agatha Bielik-Robson (Nottingham/Varsovie), Death, Machine, Technology: Derrida on the Original Supplementarity

12h20 – 13h20

Michaela Fiserova (Prague), Derrida and Photographic Phantoms. Ontology and Technology of Perceptual Survival

Jason Alvis (Vienne), Technology as the Revenge of God

15h – 16h30

Petar Bojanic (Belgrade), Derrida Architect

Daisuke Kamei (Kyoto), Technè, Phonè, Alètheia. Voice and Phenomenon and Heidegger

Darin Tenev (Sofia), Technology and Modality – On Derrida’s Machines

17h – 18h

Hans Ruin (Stockholm), Techno-logical Faith – On Security, Threat, and Salvation in Derrida’s Thinking of Technology

Rafael Winkler (Johannesburg), Derrida, Abraham and Torok: Mnemotechnics and the Logic of Spectrality

18h30

CONFERENCE PLENIERE

Avital Ronell (New York), The Fable of Media-Technology : A German Occupation

 

SAMEDI 4 MAI

10h – 11h

REUNION « ASSOCIATION INTERNATIONALE JACQUES DERRIDA »

11h15 – 13h15

Ward Blanton (Canterbury), Apparatus and Faith: Technological Embodiment as a Repetition of European Secularization Debates

Arthur Bradley (Lancaster), In the Machine of Sovereignty: Sovereignty, Governmentality, Automaticity

Michael Dillon (Lancaster), After Infinity

14h45 – 16h15

Cedric Cohen Skalli (Haifa), Derrida et les nouvelles techniques de la lutte : 1968

Joseph Cohen (Dublin)/Raphael Zagury-Orly (Paris), Au cœur de la technologie

16h30 – 18h

Elise Lamy-Rested (Paris), Du signe à la technique : l’enjeu de l’écriture chez Jacques Derrida

CharlotteThevenet (Londres), Derrida fétichiste. Le style, une technologie féminine ?

François David Sebbah (Paris), Vies techniques : Derrida/Butler

18h30

SOIREE DE CLOTURE

Isabelle Alfandary (Paris), L’écriture est-elle technique ?

Gérard Bensussan (Strasbourg), Derrida, l’improvisation

Inscriptions ici.

Coordination Scientifique : J. Cohen, P.-A. Chardel, M. Fiserova, A. Kuchtova, L. Wolfe, R. Zagury-Orly

Institutions Partenaires : Columbia Global Centre – Paris ; School of Philosophy, University College Dublin ; Metropolitan University Prague ; University of Kent – Paris School of Arts and Culture ; IIAC/LACI, UMR 8177, CNRS / Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris) ; LASCO IdeaLab de l’Institut Mines-Télécom Business School ; Institute of Philosophy, Slovak Academy of Sciences.