Notes de lecture

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Qui vive de Colin Lemoine

juil./août 2019

Qui vive est la lettre d’amour qui ne s’écrit pas, une adresse faite à un mort, Alain, ami très cher du père du narrateur et encore plus du narrateur lui-même. Le livre oscille entre défiguration et refiguration. Il renverse le principe chrétien du verbe qui se fait chair au profit de la chair faite verbe. Ce premier roman devient un acte de «piété», une sorte d’accouchement longuement recensé. Mais il se libère de tout ce qui viendrait enrayer le mystère, l’indicible. La «frustration» semble régner, mais prend ici une dimension de plaisir qui repousse le niveau des limites physiques et psycho­logiques. Il existe une consécration entre «le plaisir et le vœu». Au milieu : l’ombre blanche de l’ami et son «éthernité» consacrée par la présence tutélaire du père et de la mère. Le tout «grâce» au plus injuste des pouvoirs : celui de la mémoire qui désagrège. Mais Colin Lemoine, à défaut de déplacer les montagnes, en d&eac

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Gallimard, coll. « Blanche », 2019
120 p. 12 €

Jean-Paul Gavard-Perret

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Le dossier estival de la revue Esprit, coordonné par Camille Riquier, fait l’hypothèse que le monde capitaliste a substitué l’argent à Dieu comme nouveau maître invisible. Parce que la soif de l’or oublie le sang des pauvres, la communauté de l’argent est fondée sur un abus de confiance. Les nouvelles monnaies changent-elles la donne ? Peut-on rendre l’argent visible et ainsi s’en rendre maître ?