Formes de vie, d'Estelle Ferrarese et Sandra Laugier (sous la dir. de)
Le concept de forme de vie (Lebensform) connaît une « actualité polyphonique » dont cet ouvrage collectif veut faire entendre les accords et désaccords. Les différentes approches se rejoignent, selon les deux directrices du volume, sur cinq points : une forme de vie est soutenue par des usages ; elle renvoie à un contenu éthique (issu d’une sédimentation sociale ou d’un engagement personnel) ; mais s’inscrit aussi dans des éléments concrets, corporels et matériels ; elle se présente comme un donné et une prétention ; elle cherche à saisir l’humain au point d’articulation du biologique et du social. Les différentes contributions du volume déploient les enjeux conceptuels (Jocelyn Benoist sur Wittgenstein et Estelle Ferrarese sur Adorno, par exemple), moraux (Vanessa Nurock sur les éthiques animales et Anthony Stavrianakis sur le suicide assisté), politiques (Salima Naït Ahmed sur les formes de vie féminines chez Adorno et Daniele Lorenzini sur le dire-vrai chez Foucault, notamment) et anthropologiques (Veena Das sur la cruauté et Anne Gonon sur la vulnérabilité à la catastrophe) de ce qu’on peut appeler, avec Rahel Jaeggi, la « critique des formes de vie ».