CLAUDE LÉVI-STRAUSS.

Le passeur de sens


L’auteur des Mythologiques est-il un « passeur de sens » se demande Marcel Hénaff à qui l’on doit un Lévi-Strauss qui demeure un ouvrage de référence (Claude Lévi-Strauss et l’anthropologie structurale, Paris, 1991, 2000) ? Encore faut-il s’entendre sur cette notion de « sens » qui fit l’objet d’un débat célèbre avec Paul Ricœur dans les colonnes d’Esprit. « C’est que le sens dont cet univers est saturé n’est pas une représentation générale qui la précéderait ou l’envelopperait, il en est l’intelligibilité qui s’exhibe à même les réseaux de relations. Ces relations portent sur des objets de l’expérience vécue et leur mise en évidence est à l’opposé de tout formalisme. » Si la prise en compte des réseaux de relations prime dans les Mythologiques, elle intervient également sur le plan du langage dans la traduction mais aussi dans les pratiques artistiques que sont la musique et la peinture chères à Lévi-Strauss. Au-delà de l’ouvrage, on saisit mieux comment, dans le sillage de Lévi-Strauss, Hénaff est revenu dans le Prix de la vérité sur la question de l’échange, de la réciprocité et du don. À l’analyse formelle de la mise en relation répond en effet celle des modalités de la relation.

O. M.

Perrin, coll. « Tempus », 2008
256 p. 8 €