LIBERTÉ, ÉGALITÉ, DISCRIMINATIONS

L’« identité nationale » au regard de l’histoire



Qu’y a-t-il de choquant dans la référence à l’« identité nationale » dans l’affichage de la politique gouvernementale en matière d’immigration ? Pourquoi le recours à des quotas n’est-il pas souhaitable dans une politique migratoire ? Pour répondre à ces questions posées par la politique actuelle, Patrick Weil a choisi de réunir ici trois articles éclairant ces sujets. À partir d’études historiques très précises portant sur l’élaboration de l’ordonnance de 1945 sur la politique d’immigration (qui rejette l’option des quotas mise en avant dans les travaux préparatoires) et sur les quatre catégories de Français ayant eu à souffrir des lois discriminatoires en matière de nationalité (les femmes, les musulmans d’Algérie, les naturalisés et les juifs), il expose l’histoire récente des politiques de la nationalité mais aussi les principes qui guident une telle politique en France. Il fait part de sa conviction (solidement argumentée) selon laquelle le succès d’une politique d’intégration est conditionné au refus de recourir à des discriminations juridiques entre migrants. Si des conflits de notre histoire pèsent encore dans la vie politique, c’est en effet parce que la mémoire des discriminations passées se transmet à travers les générations au point de peser encore dans des conflits mémoriels dont on comprend parfois mal l’intensité. Le dernier chapitre, initialement paru dans le dossier que nous avons consacré l’année dernière aux Antilles (février 2007), répond à la querelle sur l’excès de repentance dans laquelle la France se complairait depuis plusieurs années en montrant pourquoi la célébration de l’abolition de l’esclavage n’est en rien un « abus de mémoire » et n’entre pas en contradiction avec la tradition républicaine de commémoration.

M.-O. P.

Grasset, 2008
221 p. 17,90 €