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Félix-Édouard Vallotton, Intérieur avec femme en rouge de dos (1903)
Félix-Édouard Vallotton, Intérieur avec femme en rouge de dos (1903)
Flux d'actualités

Les souveraines profondeurs du devenir

Histoire, structure et inconscient

L’historien du corps sensible Hervé Mazurel répond à la critique de son livre, L’Inconscient ou l’oubli de l'histoire, par le philosophe et psychanalyste de l’esprit malade Pierre-Henri Castel. Il y défend un structuralisme génétique inspiré des travaux de Norbert Elias pour comprendre l’histoire de la vie affective. 

C’est un fait très rare pour un auteur que d’être lu de près, avec tant de générosité, d’érudition et de pénétration intellectuelles. C’est pourquoi je ne saurais dire assez à Pierre-Henri Castel l’ampleur de ma dette à l’égard de cette recension si dense et stimulante de L’Inconscient ou l’oubli de l’histoire1.

Un auteur ne peut jamais véritablement imaginer en amont ce que ses lecteurs feront de leur lecture, la façon dont ils s’approprieront son texte, s’y aventureront, y « braconneront » aussi, comme disait Michel de Certeau. Rien ne serait pire au demeurant que de se représenter l’auteur comme étant toujours pleinement maître de son propre discours, en ses multiples ramifications, détours et significations. Il n’est pas rare qu’il faille du temps pour qu’il parvienne à mieux saisir tout ce qu’il s’est efforcé de dire. Bien souvent d’ailleurs, au cours de l’élaboration de cet ouvrage à la dimension volontiers exploratoire, j’ai succombé à ce qu’Alain Corbin appelle le « vertige des foisonnements2 ». Or je dois précisément à Pierre-Henri Castel de m’avoir fait gagner un temps précieux pour avoir su pointer avec acuité ses tensions internes, ses apories subsistantes, ses questions restées ouvertes – bref, son reste. Ce faisant, il me donne aussi le point de

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