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Petite philosophie de l’accélération de l’Histoire

Au sein de continuités longues, des moments historiques particuliers donnent à ceux qui les vivent le sentiment que tout s’accélère, que leurs repères habituels deviennent obsolètes. Ces changements de cadences, vécus dans la surprise, nous déstabilisent mais raniment aussi l’existence en commun car ils valorisent l’effort par lequel nous tentons d’accorder différents rythmes au sein d’un même ensemble politique et social.

Dès les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale, l’essayiste allemand Sebastian Haffner notait, dans le manuscrit de ses souvenirs, qu’avant l’année fatidique de 1933, durant laquelle Hindenburg nomma Hitler chancelier, chacun était encore plus ou moins capable de rester cohérent avec lui-même. Certains événements pouvaient bien dépasser les individus et prendre des proportions gigantesques, la sphère de la vie privée demeurait relativement indemne, à l’abri en quelque sorte de la tricherie institutionnalisée1. Mais le pressentiment de la folie totalitaire engage celui qui débuta aussi, durant son exil londonien, une carrière de journaliste chroniqueur à penser qu’un événement est à proprement parler décisif lorsqu’il affecte le domaine intime au point de le désaxer entière

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REMAUD Olivier

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