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Hervé Mazurel, L’Inconscient ou l’oubli de l’histoire. Profondeurs, métamorphoses et révolutions de la vie affective, Paris, La Découverte, 2021
Hervé Mazurel, L’Inconscient ou l’oubli de l’histoire. Profondeurs, métamorphoses et révolutions de la vie affective, Paris, La Découverte, 2021
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L’histoire, oubli de l’inconscient ?

mai 2022

Dans L’Inconscient ou l’oubli de l’histoire d’Hervé Mazurel, l’étude du traumatisme et de la jouissance montre que l’inconscient est insensible au temps qui passe, mais qu’il peut être relativisé par les métamorphoses de la vie affective.

C’est un ouvrage imposant, foisonnant, d’une érudition panoramique que livre Hervé Mazurel avec L’Inconscient ou l’oubli de l’histoire (titre éminemment bourdieusien, comme on le découvre en avançant1), et sous-titré Profondeurs, métamorphoses et révolutions de la vie affective (sous-titre cette fois en phase avec l’« histoire des sensibilités » dont il est un des artisans les plus connus2). Et, cependant, un livre au statut complexe, dont l’identité disciplinaire même ne se stabilise qu’en marchant vers sa conclusion : histoire des références à la psychanalyse en histoire, histoire de la psychanalyse, histoire de l’histoire de la psychanalyse, puis réflexion philosophique et métahistorique sur l’histoire comme science, voire psychanalyse de l’histoire, mais « avant toutes choses, une histoire anthropologique3  » (ce qu’il va falloir élucider). On l’a compris, à peu près aucune des grandes références et des grandes questions où le travail de l’historien croise la psychanalyse depuis maintenant plus d’un siècle ne manque ici à l’appel. On s’extrait de cette somme en titubant, un peu sonné par l’énormité du fait culturel que la psychanalyse aura donc été pour la vie savante, suscitant chez les historiens, mais pas moins dans toute

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Pierre-Henri Castel

Agrégé de philosophie, docteur en philosophie et docteur en psychologie clinique et pathologique, il est directeur de recherche au CNRS.

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Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.