Une barque du pouvoir judiciaire flotte sur l’Amazone. Elle permet aux juges d’atteindre les communautés les plus difficiles d’accès, afin d’y résoudre les conflits locaux. Archipel du Bailique, Etat de l’Amapa, octobre 2016 © Lauriane Dos Santos
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Le Brésil est-il gouverné par les juges ?

Au cas où des dérives antidémocratiques se perpétueraient au Brésil, ce serait en suivant les règles juridiques du jeu, avec le pouvoir judiciaire et par l’arme du droit.

Au Brésil, les événements qui marquent l’actualité nationale depuis 2015 ainsi que la dernière réforme du pouvoir judiciaire ont mis en lumière la fonction politique centrale des juges dans le gouvernement du pays. D’une part, leur position clé dans les structures fonctionnelles de l’Etat et leur maîtrise de « l’arme du droit[1] » les ont placés au centre de décisions controversées qui ont profondément déstabilisé la vie politique du pays. D’autre part, avec l’itinérance des tribunaux (civils et criminels) – rendue obligatoire au niveau national en 2004 – les juges administrent désormais la justice sur tout le territoire, y compris dans les espaces les plus périphériques[2]. Dans les favelas des grandes villes comme dans les confins de l’Amazonie rurale, ils interviennent localement comme régulateurs des vies quotidiennes et relais de l’Etat.

 

Du « coup d’Etat judiciaire » à la crise politique brésilienne

Voilà désormais trois ans que l’instabilité politique au Brésil fait les gros titres des journaux. En 2015, un scandale de corruption (l&r

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