Corinne Royer. | BÉNÉDICTE ROSCOT
Corinne Royer. | BÉNÉDICTE ROSCOT

Corinne Royer, lauréate du Prix du Roman d'Écologie 2025

Ceux du lac déploie une écologie sociale où les destins des êtres humains et de la planète ne peuvent être déliés.


Dans son précédent roman, Pleine terre (Actes Sud, 2021) Corinne Royer racontait l’histoire d’un agriculteur amoureux de sa terre et de ses bêtes, victime du système administratif et des gendarmes. Une histoire directement inspirée de la réalité et du destin de Jérôme Laronze, éleveur du Clunysois. Avec Ceux du Lac (Seuil, 2024), c’est encore une histoire vraie qui se déploie, cette fois en Roumanie, à quelques kms de Bucarest, dans le delta de Vacaresti. Une famille tzigane qui y vivait en marge, en pleine nature, au contact permanent de la rivière, en avait été expulsée pour créer une réserve naturelle. Corinne Royer raconte la fratrie de six, le père solitaire, le chien Moroï. Elle nous rend visibles les émotions et les sensations des corps qui glissent et luttent avec l’eau, la pêche, le dénuement et les joies, l’arrachement lorsqu’il s’agit de rejoindre les deux pièces d’un logement misérable. Sasho l’ainé des six – cinq garçons et une fille- Naya dont l’énergie fragile se révèle dans son talent pour le football, Andrei découvrant ses origines tziganes, qu’il avait enfouies, et qui va permettre d’établir un pont entre la ville et la nature sauvage, Monica femme belle, si belle et vulnérable. Corinne Royer fait vivre des personnages solaires dont l’écho reste en nous. Sa Roumanie est la nôtre comme la quête des bisons disparus des Carpathes où Sasho entraine sa sœur. Et c’est par de longs poèmes en prose que nous nous rapprochons peu à peu de ces animaux mythiques.

Comment pourrait-on protéger la nature en expulsant ceux qui font corps avec elle ? Ceux du lac déploie une écologie sociale où les destins des êtres humains et de la planète ne peuvent être déliés.