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Violence et herméneutique des rites de réconciliation

À propos de « Conflits et Paix. Les rites de réconciliation en Afrique », de Philippe B. Kabongo-Mbaya

Un article de Philippe Kabongo Mbaya sur les rites de paix dans la région du Kasaï, dans notre numéro de juillet-août 2020 « Depuis l'Afrique », a donné lieu à un échange entre Paul Dumouchel et l'auteur, que nous republions intégralement ci-dessous.

Pour intéressant, fascinant même par l’information ethnologique qu’il apporte, et aussi généreux qu’il soit dans sa profonde intention, l’article de Philippe Kabongo-Mbaya, « Conflits et Paix. Les rites de réconciliation en Afrique »1, révèle selon moi les limites de toute analyse qui se veut, ou du moins qui reste essentiellement symbolique. Je veux dire par là que la démarche de Kabongo-Mbaya, bien qu’elle se centre sur un rituel, le bujilanga ou le ndondo, qu’ elle décrit plus qu’elle ne l’analyse proprement, et bien qu’elle rappelle sa dimension d’ethnogenèse dans le pacte de Tshiyamba, s’intéresse en fait presque exclusivement à la dimension symbolique du rituel ou à la signification qu’elle croit lui reconnaitre, plutôt qu’à son rôle comme pratique sociale et à son ancrage dans un réseau de telles pratiques.

Premièrement, il importe de rappeler que, depuis 1961, moment du pacte de réconciliation entre les Luluwa et le Baluba, jusqu’à aujourd’hui, la région du Kasaï a été tout sauf pacifique. En fait, de 1960 à 1965, la région est au centre de ce qu’on nomme la « crise cong

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Paul Dumouchel

Professeur de philosophie à l'université Ritsumeikan (Japon).

Philippe B. Kabongo-Mbaya

Chercheur en sociologie, pasteur de l’Église réformée de France et consultant en matière de résolution de conflits, il est notamment l’auteur de L’Église du Christ au Zaïre (Karthala, 1992).