Photo : Micaela Parente
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Rencontre avec nous-mêmes

Les restes humains en contexte archéologique

septembre 2019

La loi doit mieux accompagner les archéologues au sujet des vestiges anthropobiologiques, dans le respect des rapports de la société avec ses morts.

«Les vivants sont toujours, et de plus en plus, dominés par les morts[1].»

Les hommes ne sont pas immortels. Ils quittent un jour le monde des vivants et leur corps se transforme naturellement ou dans le cadre de rituels funéraires. Ils deviennent alors des traces matérielles. Au regard des quelque sept millions d’années que recouvre la très longue histoire de l’humanité et ses prémices, ou même « seulement » des 40 000 ans des Homo sapiens que nous sommes, cela fait du monde ! Certes, sur cette très longue durée, la croissance démographique n’est pas continue. Peu nombreux à l’aube des temps, les hommes se sont multipliés au fils des millénaires, avec des moments clefs comme les débuts du monde agricole à partir du xe millénaire avant notre ère, des moments de crise tels que les épidémies de peste ou des catastrophes climatiques, les grands conflits du xxe siècle et, de manière exponentielle depuis un siècle environ, jusqu’à atteindre sept milliards d’individus dans le monde aujourd’hui. Remise dans la perspective du

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Anne Lehoërff

Professeur de Protohistoire européenne à l’université de Lille, vice-présidente du Conseil national de la recherche archéologique, elle a récemment publié L’Archéologie (Presses universitaires de France, 2019).

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Le dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon et Isabelle de Mecquenem, remet le sens de l’école sur le métier. Il souligne les paradoxes de « l’école de la confiance », rappelle l’universalité de l’aventure du sens, insiste sur la mutation numérique, les images et les génocides comme nouveaux objets d’apprentissage, et donne la parole aux enseignants. À lire aussi dans ce numéro : un inédit de Paul Ricœur sur la fin du théologico-politique, un article sur les restes humains en archéologie et un plaidoyer pour une histoire universaliste.