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Photo : Mat Reding
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Capital responsable : croire à l’incroyable

Le discours de la « responsabilité sociale des entreprises » encourage la croyance en une réforme du capitalisme qui pourrait venir de son intérieur même. Est-ce qu’il ne justifie pas ainsi la poursuite de politiques de croissance insoutenables dans la durée ?

Au regard de la montée des inégalités et de la dégradation de l’environnement, le monde des affaires plaide pour une responsabilisation généralisée. Chacun de nous est appelé à faire preuve de « responsabilité » dans l’exercice du rôle économique qui lui est imparti : les entreprises en adoptant des pratiques dites de « responsabilité sociale des entreprises » (RSE), les employés en se montrant exigeants à l’égard des normes morales affichées par leurs employeurs, les investisseurs en intégrant des critères sociaux et environnementaux dans leurs décisions de placement, et les consommateurs en se transmuant en « consom’acteurs » soucieux des implications socio-écologiques de leurs décisions d’achat.

Cette injonction à la prise de « responsabilité » s’est diffusée dans notre société dès la fin des années 1980, avec une intensité qui s’est accrue au fil du temps. Portée par d’importantes coalitions d’entreprises telles que le « pacte mondial » chapeauté par les Nations unies, relayée dans les formations au management et assénée par les services de communication et de marketing des entreprises, elle imprègne aujourd’hui notre quotidien.

Cela a indéniablement fait évoluer notre manière de produire, de travailler, d’investir et d’acheter : désormais, plus de 90 % des 250 plus grandes entreprises multinationales mènent des activités de RSE, 60 % des personnes de la génération Y (nées entre 1984 et 1996) déclarent préférer travailler pour une entreprise qui aurait pr

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Aurélien Feix

Aurélien Feix est chercheur à l'Institut Society & Organizations d'HEC Paris. Ses travaux portent sur les aspects problématiques de la communication autour de la responsabilité sociale des entreprises (RSE). S'appuyant sur l'analyse critique du discours, la déconstruction et la narratologie post-structuraliste, il examine comment les conventions de communication de la RSE - telles que les récits…

Déborah Philippe

Déborah Philippe est titulaire d'un doctorat en stratégie d'HEC Paris. elle est professeure ordinaire au Département de stratégie, globalisation et société de la Faculté des HEC de l’université de Lausanne. Dans ses recherches, elle examine l’influence des évaluations sociales (statut, réputation, légitimité et stigmatisation) sur la conduite stratégique des organisations.…

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Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».