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Le Fils de Saul : les limites de la représentation

décembre 2015

#Divers

La représentation cinématographique des camps – et particulièrement du processus d’extermination – pose un indéniable problème éthique, en plaçant l’art au risque de ce que Rivette, dans un article demeuré célèbre, a désigné comme une « abjection », dès lors que la mise en scène sombre dans la simplification réductrice et l’esthétisation. Au point que la question de la représentabilité même de l’expérience concentrationnaire ne peut pas ne pas se poser au réalisateur.

Courte vue

À cet égard, le film de László Nemes fait preuve d’une grande intelligence et d’une grande puissance, et ce, alors qu’il va jusqu’à nous placer au cœur même du processus d’extermination en évoquant le quotidien d’un membre du Sonderkommando d’Auschwitz-Birkenau. C’est qu’il y a une vraie pertinence dans le parti pris de réalisation : sans être subjective, la caméra épouse le point de vue du personnage principal et le suit dans l’empressement du travail forcé. Elle colle sans cesse au regard d’un homme qui doit feindre d’être accaparé par sa tâche tout en restant sans cesse sur le qui-vive, attentif à l’environnement immédiat, et notamment prompt à se découvrir, p

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