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Actualité d’un solitaire intempestif : Jean-Luc Lagarce

janvier 2009

#Divers

Juste la fin du monde : sans doute la tonalité fin de siècle, voire apocalyptique, de l’avant-dernière pièce de Jean-Luc Lagarce explique-t-elle sa résonance actuelle sur le public. Son entrée en mars 2008 au répertoire de la Comédie-Française, dans la mise en scène de Michel Raskine, confirme en tout cas l’institutionnalisation d’un «solitaire intempestif» et, peut-être, le repentir collectif de n’avoir pas suffisamment su le saluer comme il eût convenu de son vivant. «J’écris pour mes petits-neveux», disait Lagarce1. Sans doute son théâtre, empreint de nostalgie et d’inquiétude, à la recherche du temps perdu et opaque, était-il décalé aux yeux des décideurs issus de 68, plus tournés vers la revendication progressiste. Cette pièce, précisément, fut refusée par tous les comités de lecture, alors que sa réécriture, amplifiée en 1995 dans Le pays lointain, atteste sa dimension centrale et testimoniale. Et treize ans après sa mort, la puissance d’interpellation de l’auteur se mesure au succès que lui réserva l’année 2007, baptisée «L’année Lagarce2».

De l’auteur contemporain le plus joué en France, l’œuvre, traduite en

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