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Voyage au bout de la nuit, un roman de la compassion démocratique ?

août/sept. 2007

L’expérience des tranchées en 1914 fonde la compassion pour le peuple dans le premier roman de Céline. Mais cette compassion peut-elle fonder une communauté ? Ce commentaire attentif du roman souligne l’originalité de cette pitié associée au mépris, de telle sorte que toute idée de justice ou de civilité politique apparaît impossible.

À Myriam Revault d’Allonnes

Si nous relisions Voyage au bout de la nuit à nouveaux frais ? Si nous envisagions que Céline, dans ce roman, se livre à une expérience de narration qui est aussi une mise à l’épreuve des valeurs déclarées de la démocratie et de la République1 ? Le laboratoire romanesque ne lui permet-il pas en effet de soumettre le personnage-narrateur, Bardamu, à une initiation au nom de laquelle on a pu rapprocher Voyage au bout de la nuit de Candide2, mais aussi à une émotion de l’humain ? C’est cette émotion que nous interrogerons ici, en proposant plus précisément pour hypothèse de lecture la clef de la compassion démocratique.

Le contexte historico-poétique du Voyage : le roman des années 1930

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