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Le Clézio : un Nobel solaire

novembre 2008

#Divers

Je ne me sens pas intéressé par un savoir qui cherche à vaincre ou à convaincre. Je n’ai pas de goût pour l’intelligence qui trace ses plans, qui organise le futur. Connaître quelques secrets de l’esprit, pour quoi faire ? Pour ordonner ? Pour déterminer ?

Mais la part de l’esprit que j’aime, c’est celle-là justement qu’aucune parole ne livre. C’est la vie en profondeur, le mouvement insaisissable, insécable. Inquiet, insatiable, l’homme aux aguets emprunte les sentiers qu’il connaît, écoute les signaux, flaire les empreintes. [...] L’on n’a rien acquis. L’on n’a rien su, rien retenu. L’on a été dans la vie, tout simplement.

L’inconnu sur la terre, 1978

Alors qu’on entend ressasser la crise financière et la perte de confiance, l’attribution du prix Nobel à Jean-Gustave Marie Le Clézio sonne comme une bonne nouvelle, une nouvelle solaire. Non pas seulement parce qu’est mise à l’honneur, à travers lui, la littérature française, que d’aucuns disaient essoufflée, asphyxiée ; mais parce que cet exemple de littérature française relève d’une littérature du monde, et qu’une reconnaissance à la mesure du mo

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