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Condamné en tant qu'homme. Les procès hitchcockiens

Rendre la justice au nom du seul droit encourt le reproche perpétuel de paraître injuste. Le rapport essentiel que le cinéma d’Hitchcock entretient avec la justice tient tout entier dans cette inquiétude. Son cinéma dramatise dans les procès ces moments tragiques où se joue l’antagonisme entre le désir de justice et la rationalité du droit.

La raison et la morale – au pire, la seule lucidité – revendiquent que les tribunaux se limitent à dire le droit. Mais le cœur et le désir de justice ont parfois bien du mal à s’y résoudre. On comprend les écueils et les dérives inacceptables qu’il y a à réclamer compensation à hauteur d’un crime incommensurable. Cela doit-il masquer le fait qu’il est évidemment douloureux de sortir d’un tribunal avec le sentiment amer que sa soif de justice n’a pas été assouvie, même et surtout quand le verdict semble un exemple de pondération ? Combien, devant l’horreur de certains crimes, espèrent une sentence qu’ils savent, ou devraient savoir, impossible et doivent se résigner à un verdict qui les ramène dans le strict cercle du possible ? Un tel verdict aura toujours à leurs yeux quelque chose d’intolérable.

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