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Fanon, un Cassandre et les révoltes arabes

novembre 2011

#Divers

Il y a cinquante ans disparaissait Frantz Fanon. La situation qui prévaut, depuis le tournant de l’année 2011, dans l’arc méditerranéen méridional et oriental n’est pas sans remettre en question les réalités socio-politiques postcoloniales. La stabilité sur des décennies, tant des régimes politiques que de l’agencement socio-anthropologique1 des hommes et des rapports humains, paraissait assurée. Ces États s’appuyaient, pour la plupart, sur les constituants lourds que sont l’armée, la religion, l’ethnicité. À des différences près, ils relevaient, antérieurement, sur une période plus ou moins longue, d’une tutelle, qu’elle ait été française, britannique, espagnole ou italienne : Maroc, Tunisie, Libye, Égypte, Syrie... Les lendemains de la Seconde Guerre mondiale et l’effritement de l’influence des États européens ont déterminé la montée des processus menant aux indépendances et à la décolonisation.

Le jeune adulte martiniquais Frantz Fanon s’inscrit dans ce contexte et cette temporalité. Son itinéraire reflète les événements de cette époque. Ses écrits en sont des traductions. Il dévoile, dans un premier temps, les fausses illusions de ses compatriotes antillais, les comportemen

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