Photo : Nicolas Ladino Silva
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Le sujet décomposé

La psychiatrie connaît actuellement une crise de foi : les transformations du soin liées aux progrès de l’imagerie cérébrale et la nouvelle gestion des masses fondée sur la relégation n’offrent aucune garantie de respect de la personne.

En ce début de xxie siècle, des notions autrefois liées, comme la folie et le sujet, connaissent des transformations majeures dont il serait salutaire de suivre les traces et les conséquences, au lieu de les subir. En effet, nous assistons non seulement à un mouvement de naturalisation de la folie par la chimie et les « neurosciences », mais aussi à une identification du sujet à « son cerveau ». La personne est décomposée en autant de troubles que la technologie, par l’imagerie cérébrale, promet d’associer à des zones localisées. Ces évolutions ne se résument pas à de simples élucidations des « mystères de l’âme » par la science : elles transforment profondément leurs objets mêmes, nos représentations et la vie en société. Pour mieux saisir ce mouvement, nous proposons de les analyser à partir des changements actuels touchant la médecine mentale et les soins psychiques.

Le tournant des années 1950: une nouvelle discipline

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la psychiatrie a connu une crise de légitimité. Il s’agit à la fois d’une crise de l’asile, mis à mal par le scandale

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Carlos Parada

Psychiatre, il est l'auteur de Toucher le cerveau, changer l'esprit (Puf, 2016).

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Assistons-nous au triomphe de la xénophobie ? Les exilés ne sont plus les bienvenus dans notre monde de murs et de camps. Pourtant, certains font preuve de courage et organisent une contre-politique hospitalière. Ce dossier estival, coordonné par Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, invite à ouvrir le secours humanitaire sur un accueil institutionnel digne et une appartenance citoyenne réinventée.