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Les souterrains de Daniel Lindenberg

janv./févr. 2021

L’œuvre de Daniel Lindenberg témoigne d’une approche originale et plurielle de l’histoire politique, qui fait la part belle aux évolutions culturelles et artistiques, exhumant les filiations souterraines des événements. Son livre sur Mai 1968, Choses vues, illustre tout l’attrait de cette démarche.

À qui se plonge dans son œuvre, Daniel Lindenberg réserve des surprises. Il cultivait des centres d’intérêt inattendus chez un intellectuel passionné par l’histoire des idées politiques. En reprenant Les Années souterraines, un de ses livres les plus importants, on constate que figure en appendice une chronologie culturelle des années 1937-19471. L’édition indique que celle-ci a été réalisée par Véronique Julia, mais sans doute l’auteur a-t-il eu son mot à dire. La lecture de cette annexe révèle quelques dessous de la méthode de Lindenberg – qui n’hésitait pas à croiser les disciplines afin de préciser sa démonstration. Chaque année présente différentes rubriques : société (qui reprend les événements politiques) ; littérature-essais-bandes dessinées ; médias-presse ; théâtre-cinéma ; danse-musique-chanson ; arts plastiques-architecture-photographie. Cette approche plurielle le caractérise dans son évidence.

Le travail accompli sur les années 1937-1947, Daniel Lindenberg l’a remis sur le métier à propos de la décennie 1960 en y mêlant sa propre expérience et ce que l’on pourrait appeler ses affinités électives. Le résultat sera Choses vues, sans doute le plus autobiographique de ses livres, en tout cas l’un de ceux où il se révèle le plus2. Ce témoignage dévoile beaucoup de sa personnalité, de ses goûts, de ses amit

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Charles Ficat

Né à Paris en 1972, Charles Ficat est éditeur chez Bartillat. Il a publié un essai sur Rimbaud, D'acier et d'émeraude (2004), et un roman mythologique, La Colère d'Achille (2006).

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Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».