Une anticipation du climat néoréactionnaire

Retour sur une controverse

Derrière le débat enflammé suscité par la parution du livre de Daniel Lindenberg en 2002, une controverse de fond s’engageait sur la nature de la promesse démocratique. Aujourd’hui, la progression de l’extrême droite est l’occasion de clarifier les positions des uns et des autres. 


La parution de l’essai de Daniel Lindenberg, Le Rappel à l’ordre, en 2002, dans la collection « La République des idées » (Seuil), a suscité une large polémique1. Très critiquée au moment de sa parution, cette « enquête sur les nouveaux réactionnaires » apparaît, avec le recul, prémonitoire : elle pressentait l’avancée d’une rhétorique néoréactionnaire qui s’est depuis largement diffusée dans les médias et les discours politiques. Historien des idées, professeur à l’université Paris 8 Saint-Denis, contributeur régulier de la revue Esprit, auteur de plusieurs essais sur les penseurs des années 19302, sur le franco-judaïsme3, sur les destins idéologiques et politiques du marxisme français4, Daniel Lindenberg synthétisait dans cet essai une intuition encore rarement formulée : et si les attaques contre les « excès » du féminisme, les cris d’alarme contre les « dérives » de l’individualisme démocratique ou encore la dénonciation des « naïvetés » de l’antiracisme commençaient à dessiner un nouveau paysage idéologique ?

Daniel Lindenberg a perçu qu’il ne s’agissait pas, comme on le pensait couramment jusqu’alors, d’une autocritique de la gauche sur quelques errances du progressisme ou d’une nostalgie de « la France d’avant », mais bien d’un ralliement à un autre camp politique, à la manière du backlash culturel déjà observé dans le monde anglo-saxon. Le message porté par son essai, inattendu, fut rudement ressenti, car il désignait des clivages encore peu apparents. De manière ouvertement polémique, Daniel Lindenberg révélait le malaise en visant nommément les prises de position publiques d’intellectuels comme Alain Finkielkraut, Pierre Manent ou Pierre-André Taguieff, mais aussi des romanciers en vogue dont le désespoir acide (Michel Houellebecq) ou les visions apocalyptiques (Maurice G. Dantec) allaient bientôt réarmer les croisades idéologiques et les obsessions du « suicide français ». Le point commun de cette sensibilité, qui n’avait jusqu’alors pas été décrite, consistait en l’affirmation d’une « nouvelle forme d’illibéralisme5 » qui dépassait la critique conservatrice d’un progrès mal maîtrisé pour développer une contestation plus directe de la société ouverte elle-même, engagée sur une pente irrésistible de déclin et de décadence.

Un débat enflammé

Lancé par une manchette du Monde au moment de la parution du livre, le débat s’est rapidement enflammé6. Une réplique des auteurs cités dans le livre installait une controverse intense, qui a fait date. Ce texte collectif, intitulé « Manifeste pour une pensée libre », développait un contre-argumentaire en trois points7. Le premier, affiché par le titre, contestait le procédé polémique et revendiquait le goût du débat sans conformisme. Le deuxième opposait la « lucidité du réel » à une « bien-pensance » présumée incapable de voir le désarroi des classes populaires, la dégradation de notre école, les ratés de l’intégration, le danger des revendications religieuses identitaires, autant de sujets promis à un bel avenir de polémiques à répétition dans les années suivantes. Mais l’argument qui semblait le plus décisif au moment de la parution du livre et qui fut le plus souvent adressé en matière de reproche à Daniel Lindenberg était celui de l’« amalgame ». La faute essentielle du livre était, selon les auteurs mis en cause, d’avoir rapproché des œuvres qui n’avaient rien en commun, à commencer par la forme et le style de leurs écrits, puisque les romanciers côtoyaient étrangement les philosophes dans cet attelage inattendu. Avec le recul, cette remarque, qui semblait relever du bon sens méthodologique, a largement perdu de son acuité. En effet, ce que nous avons senti changer au fil des années, c’est précisément un climat idéologique diffus, un renversement culturel8, au sens de ce que le philosophe marxiste italien Gramsci, repris depuis longtemps sur ce point par les idéologues d’extrême droite du Club de l’horloge, appelait « l’hégémonie culturelle ». Il ne s’agissait pas, pour Daniel Lindenberg, de présenter une succession de monographies pour retracer des parcours singuliers, mais de saisir un changement de tonalité au sein du débat public. Et c’est bien la valeur qu’on retient aujourd’hui de ce livre en le relisant.

De nombreux commentaires relevaient aussi, au moment de la réception du livre, un changement de la forme du débat public9. L’intérêt suscité par le livre révélait un désarroi : les coordonnées habituelles du débat idéologique étaient en train de bouger et les nouveaux clivages, qui se sont affirmés depuis, se dessinaient encore confusément. La critique de l’antiracisme était déjà largement installée – en réalité, depuis les tout débuts du mouvement SOS-Racisme dans les années 1980. Mais le nouvel antiféminisme, par exemple, qui a assuré le succès des premiers livres « historiques » d’Éric Zemmour, ne s’affichait pas encore aussi ouvertement qu’aujourd’hui. Point essentiel de sa démonstration, Daniel Lindenberg contestait le thème de la « levée des tabous » : nombre de polémiques s’appuyaient rhétoriquement sur la dénonciation d’une impossibilité de prendre la parole sur des sujets prétendument « sanctuarisés » par une chape de plomb idéologico-médiatique10. Or, comme le rappelait le livre et comme nous n’avons cessé de le vérifier depuis, aucun sujet n’échappe à la critique dans une société ouverte comme la nôtre. Il fallait rappeler la vacuité de l’artifice commode, désormais usé jusqu’à la corde, consistant à prétendre prendre une position présumée courageuse et iconoclaste en s’emparant de sujets aussi galvaudés que le consumérisme des masses ou le conformisme-des-individus-dans-la-société-moderne. Mais si le livre touchait juste, ce n’est pas seulement qu’il révélait des procédés rhétoriques artificieux, c’est qu’il arrivait à un moment politique très particulier, dont il a cristallisé les tensions.

Il faut en effet revenir au contexte immédiat, marqué par le choc du 21 avril 2002, c’est-à-dire la présence, pour la première fois, du Front national au second tour de l’élection présidentielle, après la dispersion des votes au sein de la gauche et l’échec du Premier ministre sortant, Lionel Jospin. Daniel Lindenberg était aussi connu comme un militant de gauche, actif auprès du mouvement antiraciste, défenseur infatigable d’une position laïque et humaniste. Or la gauche apparaissait, après ce vote, minoritaire et, pire, absente et inaudible au moment du débat essentiel du vote présidentiel. Mais les partis de gauche étaient-ils capables de l’effort de compréhension nécessaire de cet échec ? Historien des débuts du socialisme11, Daniel Lindenberg n’ignorait rien des méandres idéologiques de la gauche française et savait parfaitement que son livre paraissait au moment où la gauche, encore assommée par son échec électoral, allait entrer dans un débat interne difficile.

Dans ce qui était aussi l’immédiat après-11 septembre 2001, le livre de Daniel Lindenberg pressentait également l’entrée dans une nouvelle ère géopolitique. On a peu rappelé, au cours de la polémique, le livre que Daniel Lindenberg avait cosigné l’année précédente avec Joseph Maïla sur le conflit israléo-palestinien, poursuite d’un dialogue au long cours, qui rappelait l’intérêt constant, documenté et de plus en plus inquiet qu’il portait à la politique intérieure israélienne12. Les accusations d’angélisme sur les évolutions du monde arabe et de l’islam politique, le concernant, tombaient singulièrement à plat. Il se rattachait personnellement, comme il l’a raconté dans Destins marranes, à une tradition socialiste antisioniste. Sa défense de la culture diasporique et du franco-judaïsme laïque et progressiste donnait une valeur particulière à ses prises de position en faveur de l’intégration et, particulièrement, à sa lutte contre les discriminations touchant les personnes considérées comme d’ascendance étrangère ou de confession musulmane.

Le jeu démocratique

Au-delà des sujets les plus inflammables, comme l’islam, le fond de la controverse portait en réalité sur la nature de la démocratie. Il était en soi surprenant qu’un tel débat revienne aussi violemment à la surface, alors qu’il était considéré comme soldé depuis l’alternance politique de 1981 dans le contexte français puis, à l’international, avec l’effondrement du communisme dans les années 1989-1990. Mais, précisément parce que l’objet semblait « refroidi », comme disent les historiens, les clivages qui avaient organisé le débat sur la démocratie pouvaient se déplacer. Cela a été largement remarqué au moment de la sortie du livre : c’est au sein de ce qu’on appelait le « courant antitotalitaire » que le débat était le plus vif. Jacques Julliard l’a formulé ainsi : « Ce qui fait l’originalité de la controverse en cours, c’est qu’elle oppose pour partie, des deux côtés de la barricade, des hommes qui se réclament des mêmes valeurs, et qui viennent parfois de la même famille d’esprit13. » La culture antitotalitaire, qui s’était laborieusement installée depuis les années 1970 tout en restant minoritaire à gauche, en subissait le contrecoup. Des auteurs qui avaient partagé les combats antitotalitaires (en soutien aux dissidents de l’Est et contre la propagande communiste) et qui se pensaient jusqu’alors d’accord sur l’essentiel se divisaient désormais sur un nombre croissant de sujets. La critique du libéralisme démocratique et le pessimisme culturel qui s’imposaient dans les colonnes du Débat sous la plume de Marcel Gauchet ou de Commentaire sous celle de Pierre Manent se révélaient d’une autre nature que le travail de critique intellectuelle qu’entendaient mener l’équipe d’Esprit ou Pierre Rosanvallon en association au Seuil dans sa collection « La République des idées ».

Le fond de la controverse portait en réalité sur la nature de la démocratie.

« La ligne de front, désormais, n’opposait plus les démocrates aux “totalitaires” : elle passait au sein même du camp démocratique », écrivaient les journalistes Nicolas Weill et Jean Birnbaum en revenant sur cette controverse dans le portrait qu’ils consacraient à Daniel Lindenberg au lendemain de sa disparition le 12 janvier 201814. Un paradoxe apparaissait alors : si l’on pensait assister à une victoire du camp démocratique, le seul au sein duquel se déroulerait désormais le débat politique, cela ne s’accompagnait guère d’une pacification des échanges mais, au contraire, d’une plus grande difficulté à débattre. En somme : étions-nous vraiment entrés dans des sociétés apaisées ?

La question reste théorique tant qu’elle ne s’ouvre pas sur cette interrogation plus politique : la progression électorale de l’extrême droite représente-t-elle vraiment un danger démocratique ? Il n’est pas surprenant que l’interprétation du vote en faveur du Front national (renommé depuis Rassemblement national) soit dès lors centrale dans ce débat. Les exemples récents des États-Unis ou du Brésil montrent clairement une corrélation entre la montée électorale de l’extrême droite et des passages à l’acte émeutiers violents (assaut contre le Capitole pour contester l’élection de Joe Biden ou invasion de la place des Trois-Pouvoirs au Brésil). Il semblait pourtant rassurant, en se plaçant dans la longue durée des sociétés démocratiques, de voir l’extrême droite française s’insérer dans le jeu démocratique et même tenter de se « banaliser ». N’est-ce pas un signe de la capacité d’absorption du jeu démocratique et, partant, de sa force intrinsèque par rapport aux autres systèmes ? C’est, de fait, le point de vue défendu par Marcel Gauchet dans de nombreuses interventions15. Démocratie fragile ou non ? Ce point essentiel mérite un rapide détour sur la thèse de l’historien et éditeur.

L’illusion démocratique

Les interventions publiques de Marcel Gauchet présentent souvent une mise en perspective longue des questions politiques contemporaines, éclairées par ses travaux historiques sur la démocratie et l’émergence de l’individu moderne16. Interrogé sur l’extrême droite, il pointe ce qui lui paraît un basculement de ce courant politique, du rejet (hérité du mouvement contre-révolutionnaire) de la démocratie et de ses institutions à une intégration dans le jeu institutionnel à travers la constitution d’un parti, le Front national puis le Rassemblement national, acceptant la compétition électorale. Du rejet de la violence comme moyen de renverser un régime honni à l’adhésion aux principes républicains, il y a pourtant un fossé que même la vision historique distanciée ne devrait pas négliger. Une vision optimiste de la démocratie pourrait conduire à considérer qu’elle a aujourd’hui absorbé toutes les anciennes forces de contestation, si bien que celles-ci ne seraient désormais pensables qu’à l’intérieur de son cadre.

Mais cet optimisme est-il celui de Marcel Gauchet ? Il déclare certes, dans un entretien à la presse à l’occasion de la dernière élection présidentielle : « Le grand changement du climat politique français, c’est qu’on est entré dans une consolidation du fonctionnement démocratique. Ça ne marche pas encore parfaitement bien mais, sur le plan de l’acceptation du jeu démocratique, on est à l’abri des mauvaises surprises17. » Ces propos lénifiants avaient de quoi surprendre dans un contexte électoral où l’extrême droite présentait précisément un programme mettant en cause, entre autres, des garanties aussi fondamentales pour la démocratie que le contrôle de constitutionnalité. En effet, le rôle du Conseil constitutionnel en France, tout comme celui de la Cour européenne des droits de l’homme au niveau européen, était contesté explicitement dans le programme de Marine Le Pen au nom de la souveraineté populaire exprimée par le vote18.

Ces propos étaient d’autant plus surprenants que l’optimisme ainsi affirmé sur l’évolution de notre démocratie et la confiance dans la solidité de nos institutions ne ressortent pas comme une évidence des travaux historiques de l’auteur, bien au contraire. C’est en effet avant tout une inquiétude historique qui apparaît comme le fil conducteur de l’histoire longue de la démocratie selon Marcel Gauchet. Celle-ci, affirme-t-il dans ses ouvrages, est « vouée à se tromper elle-même », condamnée à l’illusion, comme en témoigne l’abondance du vocabulaire de l’auto-intoxication dans sa présentation de l’avènement de la démocratie : « fausse transparence », « énigme », « secret », « trouble étrange », « contradiction insaisissable », « contradiction cachée19 »…

Cette contradiction, inaugurée avec l’ère politique moderne elle-même, apparaît comme exacerbée à l’âge contemporain, dans lequel l’individu, soucieux d’abord de ses prérogatives et de son épanouissement personnel, oublierait les contraintes de la vie collective, au point de faire se retourner « la démocratie contre elle-même20 ». Pourquoi l’homme démocratique est-il, aujourd’hui plus que jamais, jouet de ses illusions ? Plusieurs arguments sont présentés. La première explication de l’auto-aveuglement moderne tiendrait à notre condition historique elle-même. Dans un monde « désenchanté », aucune finalité des événements ne se dessine. Or vivre dans la contingence du sens demande un héroïsme moral peut-être inaccessible. Comment en effet accepter d’agir et de vivre sans promesse de lendemains meilleurs ? L’illusion découlerait ici d’une incapacité à accepter la relativité forcément décevante du projet démocratique.

Un deuxième registre d’explication est lié à la dynamique de l’égalité qui caractérise le monde moderne. C’est l’analyse d’Alexis de Tocqueville qui est ici reprise et développée. Le monde démocratique n’est pas seulement l’avènement d’un nouveau type de régime politique : c’est une redéfinition de la société à partir de la révolution de l’égalité. Or la dynamique de l’égalité comporte, parmi d’autres conséquences, une manière de se comparer aux autres. Celle-ci stimule un individualisme naïf et revendicatif, insociable et apolitique, aux effets désintégrateurs.

Mais, surtout, l’essentiel de l’auto-illusion viendrait de l’idée d’autonomie et de son ambiguïté fondamentale. Celle-ci, en effet, s’entend dans un double sens. Elle est, d’une part, un principe attaché à tout individu : chacun est présumé autonome, c’est-à-dire capable de déterminer lui-même les fins qu’il poursuit. Ce qui est la source de sa dignité, c’est cette liberté qu’il faut respecter dans toute conscience. Mais, d’autre part, si l’on quitte le ciel des principes, on sait que l’autonomie est à construire. Elle est un projet à réaliser, elle n’apparaît qu’au terme d’un processus d’émancipation, qui justifie une organisation sociale autour de l’État moderne, chargé de favoriser l’accès de chacun à une forme d’indépendance (revenus, logement, choix de vie…). En d’autres termes, l’autonomie se trouve en même temps à l’origine et à l’aboutissement ; elle est postulée et elle est recherchée ; elle est acquise et en devenir.

La promesse démocratique serait donc par nature problématique et même en partie intenable. Les citoyens auraient donc le plus grand mal à s’orienter dans leurs revendications et leurs choix, fragilisés par l’ambiguïté fondamentale des aspirations modernes. Deux thèses coexistent donc : l’avènement démocratique est un mouvement historique de long terme qui s’impose sans restriction ; la démocratie est un régime fragilisé par ses contradictions internes. On voit là pourquoi les déclarations médiatiques sur la solidité de nos institutions, cadre incontesté de la confrontation politique contemporaine, dont l’extrême droite aurait intériorisé les règles, peuvent coexister avec la thèse historique développée par Marcel Gauchet dans son « avènement de la démocratie ». Il y avait bien matière à s’interroger, comme le faisait Daniel Lindenberg, sur cet étonnant contraste entre optimisme de façade sur le faible risque électoral représenté par les extrêmes et profond pessimisme historique sur la solidité du régime démocratique.


En fin de compte, la progression électorale de l’extrême droite oblige à clarifier les positionnements des uns et des autres, ce qui transforme en partie le débat sur notre histoire politique : le risque d’une subversion complète de notre État de droit et du cadre républicain, comme on en observe désormais les effets dans de multiples pays, y compris en Europe, ne peut pas laisser indifférent ni conduire à banaliser des positions extrêmes. Cela valait bien une polémique, sans doute.

  • 1. Daniel Lindenberg, Le Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Paris, Seuil, coll. « La République des idées », 2002.
  • 2. D. Lindenberg, Les Années souterraines (1937-1947), suivi d’une chronologie culturelle détaillée de 1936 à 1948 par Véronique Julia, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l’appui/L’aventure intellectuelle du xxe siècle », 1990.
  • 3. D. Lindenberg, Destins marranes. L’identité juive en question, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2004, repris ensuite sous le titre Figures d’Israël. L’identité juive en question, Paris, Fayard, coll. « Forum », 2014.
  • 4. D. Lindenberg, Le Marxisme introuvable, Paris, Calmann-Lévy, coll. « L’Ordre des choses », 1975.
  • 5. Entretien avec Pierre Rosanvallon, « Il faut refaire le bagage d’idées de la démocratie française », propos recueillis par Jean Birnbaum, Le Monde, 22 novembre 2002.
  • 6. Voir Jean Birnbaum et Nicolas Weill, « Ce livre qui brouille les familles intellectuelles », Le Monde, 22 novembre 2002.
  • 7. Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet, Pierre Manent, Philippe Muray, Pierre-André Taguieff, Shmuel Trigano et Paul Yonnet, « Manifeste pour une pensée libre », L’Express, 28 novembre 2002.
  • 8. Voir Nicolas Truong, « L’essor du national-populisme intellectuel et médiatique », Le Monde, 6 mars 2020.
  • 9. Voir par exemple le riche ensemble de contributions contradictoires publié par Esprit en janvier 2003 : « Controverse. Autour du Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, de Daniel Lindenberg », avec les contributions de Guy Coq, Gil Delannoi, Jacques Donzelot, Véronique Nahoum-Grappe, Joël Roman, Paul Thibaud et Georges Vigarello.
  • 10. Voir, par exemple, dans ce registre, Élisabeth Lévy, « Risible procès des “néo-réactionnaires” », Le Monde, 29 avril 2011.
  • 11. D. Lindenberg et Pierre-André Meyer, Lucien Herr. Le socialisme et son destin, Paris, Calmann-Lévy, coll. « L’Ordre des choses », 1977.
  • 12. D. Lindenberg et Joseph Maïla (sous la dir. de), Le Conflit israélo-palestinien, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Histoire », 2001. Voir aussi, à la même période, l’entretien avec D. Lindenberg et J. Maïla, « Israël et Palestine sous tension », propos recueillis par Olivier Mongin, Esprit, août-septembre 2001.
  • 13. Jacques Julliard, « “Nouveaux réacs” et “droits-de-l’hommistes” », Le Monde, 7 décembre 2002.
  • 14. N. Weill et J. Birnbaum, « L’historien des idées Daniel Lindenberg est mort », Le Monde, 12 janvier 2018.
  • 15. Depuis un article fondateur : Marcel Gauchet, « Les mauvaises surprises d’une oubliée : la lutte des classes », Le Débat, no 60, mai-août 1990, p. 288-299.
  • 16. Voir, par exemple, M. Gauchet, L’Avènement de la démocratie, t. I, La Révolution moderne, t. II, La Crise du libéralisme (1890-1914), t. III, À l’épreuve des totalitarismes (1914-1974), t. IV, Le Nouveau Monde, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines », 2007-2017.
  • 17. Pascal Riché et Xavier de La Porte, « Mais alors, quelle mouche a piqué Marcel Gauchet ? », Le Nouvel Obs, 29 mai 2022.
  • 18. Voir Marc-Olivier Padis, « Le “Frexit” caché de Marine Le Pen » [en ligne], La Grande Conversation, 31 mars 2022.
  • 19. M. Gauchet, L’Avènement de la démocratie, t. I, op. cit., « Introduction générale », p. 8, 9, 15, 16 et 17.
  • 20. M. Gauchet, La Démocratie contre elle-même, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2002.