L'été - Champ de coquelicot, Claude Monnet, Wikipédia
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Philippe Jaccottet, la poésie de l'effacement

mai 2015

Charles-Olivier Stiker-Métral rend hommage à la poésie simple et ordinaire de Phillipe Jacottet, qui tente par le vers de capter l'instant, malgré sa grande fragilité. Accueillant, réceptif, disponible, le poète s'efface pour resplendir, et souhaite que la vision du monde qui l'emplit soit l'occasion d'une métamorphose de sa personnalité.

 

Pourquoi en ce temps d’ombre malheureuse, des poètes ?

Hölderlin, « Le pain et le vin »

À l’heure où la poésie est devenue presque invisible dans le paysage littéraire, quelle que soit par ailleurs sa vitalité secrète, l’œuvre de Philippe Jaccottet, nimbée désormais du prestige qu’octroie une édition en Pléiade1, vient nous faire écouter une voix qui, pour être limpide, porte en elle une rupture radicale avec l’usage utilitariste du langage. Mais ce refus de prendre part à « l’universel reportage » s’opère en un sens bien différent de l’héritage mallarméen. On ne trouvera en effet dans ces pages, où alternent poèmes en vers ou en vers libres et proses méditatives, aucune trace de l’hermétisme ni de l’emphase que l’on est trop souvent tenté d’associer à la poésie contemporaine. La langue de Jaccottet est simple, ordinaire même en apparence.

Peu m’importe le commencemen
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Charles-Olivier Stiker-Métral

Maître de conférences en littérature française à l'université Lille III, il s'intéresse notamment au registre moral dans la littérature du XVIIème siècle.

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