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Portrait de Bernard Noël | Photo twitter : @editionsPOL
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Bernard Noël in memoriam

octobre 2021

La disparition de Bernard Noël est l’occasion de revenir sur l’homme et son œuvre protéiforme, qui va de la poésie au roman érotique, en passant par la confection de dictionnaires et met l’exigence formelle au service de la dénonciation de l’horreur

« La nuit meurt d’un rien
D’un éclat
D’une étincelle »

Le 13 avril 2021 disparaissait Bernard Noël, écrivain majeur de notre temps. Son œuvre, aussi ample que profonde, continue de nous interroger. Né en 1930, il fait partie d’une génération marquée par les horreurs du xxe siècle, avec la Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration, la bombe atomique, le stalinisme et le nazisme, les guerres coloniales. Face à ces fléaux, et après avoir publié son premier recueil de poèmes en 19581, il est pris par l’imposition du silence : il vivra un conflit intérieur qui oppose le pouvoir des mots au mutisme volontaire.

Engagé aux côtés des Algériens pendant la guerre d’indépendance, Bernard Noël est un « porteur de valises » qui appuie l’action du Front de libération nationale. Emprisonné, il entend durant la nuit les cris des torturés et dira combien cette épreuve l’a ébranlé, lui a ôté l’envie d’écrire. Pendant une dizaine d’années, il vivra de sa plume, mais en participant à la rédaction de dictionnaires. Il en tirera la certitude que sa maîtrise du langage a été acquise au cours de cet épisode, où la précision exigée par l’écriture lui a donné une virtuosité dont il saura ensuite tirer parti.

Son activité d’auteur sera ancrée dans un engagement profond dans des luttes diverses et portée par un sens du refus f

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Philippe Ollé-Laprune

Directeur de la Casa Refugio Citlaltépetl et de la revue Líneas de Fuga, Philiipe Ollé-Laprune vient de publier Les Amériques. Un rêve d'écrivain (Seuil, 2018).

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La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.