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Politiques de l'argent

janvier 2010

#Divers

La condamnation morale de l’argent est aussi ancienne que son abus. Si elle est aussi répétitive, c’est qu’elle est stérile et impuissante. Comment imaginer une maîtrise d’un autre type ? En renouant avec l’ambition d’encastrer l’activité économique au sein de formes de vie sociale. Mais on ne peut réactiver l’idée d’encastrement qu’à la condition de valoriser aussi un double mouvement de libéralisation et de sanctuarisation pour réinventer un rapport imaginatif à l’argent.

Que dire de la femme d’un usurier qui n’a pas d’autres ressources que celles tirées de l’usure. Doit-elle le quitter à cause de son incorrigible fornication spirituelle ou rester avec lui et vivre de l’argent usuraire ? Thomas de Chobham1

La crise dite des prêts subprime de 2008 a replacé au cœur de la question politique celle de l’argent. Mais les réponses morale et économique sont généralement si décevantes que parfois, dans ses moments d’abattement, on préférerait presque en revenir à la théologie. Formidable invention langagière, par exemple, que celle de « fornication spirituelle » à propos de l’argent. Parce qu’en

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DUCHÊNE Laurence

Pierre Zaoui

Philosophe, il enseigne à l'université Paris 7-Denis Diderot et est membre du Centre International d'Etude de la Philosophie Française Contemporaine (CIEPFC).

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