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1932-2012, « Refaire la Renaissance », plus que jamais

par

Esprit

décembre 2012

#Divers

Notre horizon collectif, depuis le déclenchement de la crise de 2008, paraît surplombé par les échéances économiques. Nos espoirs suivent les courbes d’activité ; notre moral, les aléas de la conjoncture. Notre avenir est un taux de croissance. Pas seulement parce que nous nous sommes laissé prendre dans l’étau de la dette et des déficits. Ce rétrécissement de nos anticipations vient surtout d’un manque de représentation des possibles, d’une mutilation de l’imagination de l’avenir.

Tel est le privilège de l’économie, de pouvoir imposer, selon une logique sans rivale, les solutions aux problèmes créés par ses propres déséquilibres. Les remèdes d’aujourd’hui orientent déjà les décisions de demain et préparent les déséquilibres de la crise qui suivra. Les États européens, poussés à éteindre le feu menaçant de la panique bancaire en 2008-2009, ont ainsi propagé l’inquiétude sur leur propre dette : la solution de la veille est devenue la menace du lendemain. Mais il ne suffit pas d’en appeler à un sursaut politique pour s’émanciper des experts et requalifier une action souveraine. On n’échappe pas aux contraintes de l’économie par la rhétorique de la volonté, sauf à se contenter du magistère du verbe et de la tour

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