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De la discrimination négative dans les banlieues

par

Esprit

décembre 2006

Dans un pays qui adore les anniversaires et les lieux de mémoire, on pouvait s’attendre au pire dans le cas des émeutes urbaines de novembre 2005. Comme le retour sur « les banlieues » devait nécessairement se traduire pour les médias, plus voraces que jamais, par des images de violence et d’incendie, c’est la mise à feu et à sac d’un bus à Marseille, l’une des villes considérées comme calmes et préservées l’an dernier, qui a retenu toute l’attention. L’horreur, l’acharnement meurtrier là où il ne s’est quasiment rien passé l’an dernier. Comprenne qui pourra ! Pour le reste, on a eu un constat d’échec ponctué par la description de parcours de la réussite. Cela ne va pas beaucoup mieux mais quelques-uns s’en sortent mieux car ils en veulent ! Quant aux débats politiques, ils se font plus discrets, et Nicolas Sarkozy, qui a mis un bémol sur la discrimination positive, se focalise sur les questions de sécurité et de sanction. Et la promesse faite par beaucoup de rayer le mot banlieue du vocabulaire (il n’y a pas une banlieue mais « des » banlieues et autant de récits urbains à mettre en forme) est une ambition malheureusement restée lettre morte.

Dans ce contexte, aussi inquiétant qu’attristant, l’analy

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