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La communication et l'opinion : un échange de reflets ?

par

Esprit

C’est par un désastre climatique sans précédent que commence le roman d’anticipation politique de Gabriel Tarde (1843-1904), Fragment d’histoire future (1896). « Le public s’inquiétait peu de la chose, comme tout ce qui est graduel. » Cette catastrophe n’est pas un réchauffement de l’atmosphère mais un refroidissement. Celui-ci contraint les survivants à chercher refuge sous la terre, auprès de la chaleur interne de la planète, et même à recréer une civilisation nouvelle. Inversant radicalement l’utopie de l’ailleurs, de l’au-delà, ou de l’élévation babélienne, c’est dans le for intérieur que Gabriel Tarde situe la libération : « Il ne faut plus dire : là-haut ! Mais : en bas ! Là, en bas, bien bas, c’est l’Éden promis, le lieu de la délivrance et de la béatitude ; là, et là seulement, il y a encore des conquêtes et des découvertes sans nombre à réaliser. »

Sous terre, délivrée des maladies (le froid extrême ayant purifié l’atmosphère), des besoins du travail (les réserves congelées fournissant la nourriture), des rivalités politiques (après un ultime conflit qui voit les « cités artistes » l’emporter sur les « cités ouvrières »), l’humanité peut enfin se consacrer à la « vie esthétique ». C’est alors que l’auteur de l’Opinion et la foule peut développer ses thèses sur la soc

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