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La volonté française et la règle allemande : l'impossible alchimie de l'Europe

par

Esprit

février 2012

#Divers

Un pays centralisé comme la France et un pays fédéral comme l’Allemagne peuvent-ils s’entendre sur le fonctionnement d’une union à l’échelle de l’Europe? S’ils animent de fait la création institutionnelle qui s’invente dans la crise de l’euro, ils gardent des conceptions très différentes de l’idée fédérale. Peut-être créent-ils un « fédéralisme par inadvertance » en inventant, par le contrôle budgétaire des États, un passage insensible à une nouvelle étape européenne. Mais un tel processus sans ratification démocratique directe butera sur un défaut de représentation du pouvoir.

Le gouvernement des hommes, dans l’histoire politique centralisatrice à la française, dépend beaucoup d’une représentation de l’action volontaire : c’est l’impulsion d’un centre qui organise l’action politique. Comme l’a montré Claude Lefort, une telle vision du pouvoir se paie d’une difficulté à penser la division et le conflit : privilège de l’exécutif, crainte de la diversité sociale, absorption de la politique dans l’action de l’État. Pour se prémunir des dérives autoritaires, l’Allemagne de l’après-guerre a cherché un mode de gouvernement d’une autre nature. L’action politique y est orientée et conten

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