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« Memento mori ». Entretien avec Koji Fukada à propos de Sayonara.

juillet 2017

#Divers

Sayonara se déroule dans un avenir proche où le Japon, victime d’attaques terroristes sur ses centrales nucléaires, voit sa population évacuée petit à petit. Le film s’ouvre sur une série d’explosions. Tania, originaire d’Afrique du Sud, attend son ordre d’évacuation dans une maison isolée en la seule compagnie d’un androïde de première génération offert par son père. Étrangère et atteinte d’une leucémie incurable, doublement citoyenne de second rang, elle sait qu’elle passera en dernier. Lentement, la jeune femme s’avance vers la mort. De longs plans fixes sur le canapé où elle passe ses journées enregistrent sa conversation avec son androïde. Ensemble elles récitent des poèmes de Rimbaud ou Carl Busse. Et témoignent d’un monde qui s’éteint.

Dans ce futur indéterminé, la capacité de destruction des hommes l’a emporté. Le risque nucléaire a eu raison du Japon et de ses beautés. L’adaptation de la pièce de Oriza Hirata tient toute entière dans ce dialogue aux confins de la vie et de la mort, entre une femme qui va mourir et un robot qui ne sait pas mourir. À la suite de Hirata, Fukada a travaillé avec le robot « réel », confronté sa présence à celle de ce monde en disparition. Ses gestes et son comportement suffisent à l’imaginer douée de sentiments, lisibles à même sa forme de vie. Or, celle-ci est dominée par la nostalgie et le deuil.

Après Au revoir l'été,  chronique solaire aux accents rohmériens, e

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